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28 Mai 2017

MaidaVale

Tales Of The Wicked West

par CHFAB

Petit rattrapage de l’année 2016.
Elles sont quatre, elles font du rock. Ça commence bien. Elles ne jurent que par le son et les vibrations du psychédélisme historique, ses horizons saturés, son heavy blues, ses débordement façon Hendrix... Un truc de mecs ? Archi faux! Deuxième bonne nouvelle : elles envoient du bois sur scène, et voici leur premier album, après un bon paquet de concerts. Troisième round : elles se sont formées en 2012, vivent en Suède, et ne sont pas venues pour rigoler. Quatrième salve : Les filles ne veulent pas juste s'amuser... Voilà un power trio, avec une chanteuse de premier plan. Ça suit toujours?

Tales From The Wicked West est une ode, que dis-je, un temple, une montagne dressé à la Stratocaster, aux fuzz, echoplex, cry baby et tout l'arsenal d'un rock puissamment sexuel et lysergique, envoyé bien les yeux dans les yeux, mêmes si ça pique avec toute la fumée... Il faut entendre la miss (la blondinette, là?) asséner ses riffs, ou vous foutre la chair de poule pendant plus de huit minutes, toute seule à faire la grande sur toute la fin du disque... « Heaven And Earth », la terre et le paradis... Tu m'étonnes! Quel feeling! Pareil pour la basse, solide, bien dans le fond, avec une batterie conquérante et au son parfait.

La chanteuse a ce type de gosier à la fois poisseux et cajoleur, insolent, ce quelque chose de fêlé, bousillé à l'alcool, et avec un génial vibrato en toute fin. On a immédiatement envie de la coller. Qu'est-ce que vous voulez, le rock c'est ça, dire qu'on aime ce qui est très beau et un peu cassé quand-même... Toujours ce quelque chose limite dérangeant, d'un peu maladif, fiévreux, parfois limite sexiste, et avec en même temps cette envie d'admirer des filles, celles qui ne se laissent pas faire, qui tapent, qui veulent qu'on leur foute la paix. C'est ça, le rock. Et puis ensuite, évidemment, ça devient politique, irréductible, antimilitariste, anticonformiste, artistique, vous compléterez... Tout se résume dans la pochette, ultra vintage, et pourtant semblant toujours évoquer nos sociétés. La mise en son de ce disque est spectaculaire, donnant la jubilatoire impression que cette musique vient tout juste de naître, là, sous votre bagnole, dans vos poings serrés au boulot, dans votre bulletin de vote, ou sur cette route radieuse et menaçante à la fois...

MaidaVale (nom d'une légendaire salle d'enregistrement et de concert de la BBC) vous emmène, vous l'aurez compris, là où tout était encore possible, où l'on ne pouvait plus concevoir son existence sans une implication personnelle, sans intensité, sans imagination, sans expérimentation, et surtout sans se sentir appartenir à quelque chose de plus grand que soi... Les neuf morceaux de ce disque filent avec ça, à toute allure, pas l'ombre d'un ennui au compteur, et même si rien n'y est révolutionnaire, du point de vue musical s'entend, on ne peut que s'y sentir puissamment debout, et vivant.

Excellent.

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