:)
21 Mai 2017

Cult of Luna

Years in a Day

par Malcolm

Years in a Day est une oeuvre exhaustive. Par souci de synthèse, seule la captation vidéo du concert à la Gaieté Lyrique (Paris) est chroniquée dans ces lignes.

Lever de rideau à la Gaieté Lyrique: deux batteries, trois guitares, sept musiciens et une forêt d'amplificateurs dans une ambiance arctique faite de lumières glacées en contre-jour, le Culte s'installe, avant les premières déflagrations sonores, prémices d'un voyage de deux heures.

A l'instar de Neurosis, qui peut se targuer de faire partie de leur paternité spirituelle, Cult of Luna décide de privilégier la qualité sur la quantité. Quelques temps après la sortie de Eternal Kingdom (2008), les Suédois décident de restreindre drastiquement leur rythme de tournée. Il s'en suivra également un plutôt long silence discographique, puisque son successeur, Vertikal, ne paraîtra que cinq ans plus tard. On aurait pu se montrer circonspect sur l'avenir du groupe. Ce nouvel album fait figure de renaissance à double titre, puisqu'en plus d'être un come-back attendu, il s'avère porter les éléments d'une renaissance artistique s'émancipant, par ses ambiances synthétiques, des poncifs d'un postcore que les Suédois ont pourtant contribué à édifier. Le groupe s'offre donc une nouvelle jeunesse, en prenant toutefois le temps, avant la sortie de Mariner (2016), d'enregistrer son premier live exhaustif, en audio et en vidéo, s'il vous plaît !

L'exercice de la captation live peut parfois s'avérer complexe, tant dans la prise de son que par les partis pris de réalisation. Disons-le franchement, une partie des sorties de ce genre s'avère même tout à fait dispensable. Fort heureusement, Years in a Day s'inscrit dans la continuité de ce à quoi Cult of Luna nous a habitués: une oeuvre d'une grande qualité, dans le fond comme dans la forme.

Si les titres interprétés sont empruntés à des albums dont les sorties s'étalent sur une dizaine d'années, l'esthétique d'ensemble, elle, s'avère être d'une cohérence et d'une inspiration dignes des plus grands. Au-delà du choix du répertoire, Cult of Luna c'est aussi une approche sonore, monolithique, introvertie, à la fois brutale et sensible. La réalisation technique de Years in a Day dépasse en ce point Fire was born, qui avait été en 2008 leur première captation vidéo officielle: les choix de mise en lumière, de montage vidéo, la qualité sonore, approfondissent d'autant l'univers artistique des Suédois.

Les auditeurs frustrés par la rareté des apparitions scéniques du collectif peuvent donc se rabattre sur ce live d'une grande fidélité: Years in a Day prouve que Cult of Luna reste, en dépit des années, définitivement sur le haut du panier au sein du microcosme postcore et au delà.

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir