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15 Mai 2017

JPL

Le livre blanc

par Jean-Philippe Haas

Plongé dans le Coma depuis 2015, Nemo attend peut-être l'heure de son réveil, ou de sa mue. Son guitariste-compositeur Jean-Pierre Louveton n'est quant à lui aucunement sur « pause » et donne aujourd'hui une suite à son MMXIV, dernier en date de ses albums solos. Et pour cela, il n'a pas hésité à solliciter ses anciens compères Jean-Baptiste Itier et Guillaume Fontaine. Ni purement progressif comme Nemo, ni vraiment hard rock comme Wolfspring - son autre groupe - les disques de JPL sont un savant équilibre entre ces courants, et c'est assez flagrant dès l'ouverture : les premiers titres, « Un livre ouvert » et davantage encore « L'ermite », par leur différentes parties, sont plutôt orientés prog', tandis que « Joker », chanté en duo avec Steph Honde, évoque le hard rock chromé de Deep Purple. Plus loin, « La peste et le choléra » offre un bel exemple de réconciliation de ces deux tendances. Mais quel que soit le côté duquel penche la balance (y compris vers des moments plus calmes , tel « Convoléances » ou « Trompe la mort », qui invite Dominique Leonetti du groupe Lazuli), et malgré quelques nappes de claviers, la guitare est reine, électrique (souvent) ou acoustique (parfois), toute en arpèges délicats ou riffs heavy, révélant s'il le fallait encore la palette très étendue d'un maître d’œuvre plus que jamais à l'aise avec son outil. Les compositions laissent d'ailleurs une large place aux parties instrumentales et, en premier lieu, à la guitare versatile et prolixe de JPL, peu avare de belles envolées, jusqu'au morceau-titre final d'où le chant s'est retiré. Dans ses textes, notre musicien Puytois aborde ses thèmes de prédilection, taillant des costards à ses contemporains et à la religion; le visuel de l'album ne laisse ainsi que peu de doute sur les parallèles que réalise l'auteur entre l'obscurantisme moyenâgeux et l'époque contemporaine.

Les amateurs de Nemo trouveront avec « Le livre blanc » le prolongement, dans une certaine mesure, des aventures de leur groupe en sommeil. On pourra toujours trouver à redire, sur le manque de prise de risque par exemple (mais qui prend des risques aujourd'hui ?), il faut néanmoins admettre que dans l'ensemble, JPL a de l'inspiration à revendre. On attend impatiemment la prochaine étape, en espérant secrètement que le guitariste bouscule un peu ses habitudes pour nous offrir quelque chose d'encore plus savoureux.

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