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11 Mai 2017

Ayreon

The Source

par Alexandre Gombaud-Saintonge


Ayreon, projet musical d’Arjen Lucassen vieux d’une vingtaine d’années, s’est imposé progressivement comme l’un des plus fidèles héritiers du genre opera-rock. Mieux, celui-ci a su intégrer à son œuvre de multiples influences allant du heavy metal à la musique classique. Quatre ans après The Theory of Everything qui se voulait être un nouveau départ artistique, Arjen Lucassen revient cette année avec une production dans la continuité de la saga Ayreon. A ce titre, The Source apporte-t-il une véritable plus-value au projet d’Arjen?

Au premier abord, The Source semble être la manifestation d’une prise de risque zéro. En effet, le line-up des derniers albums est identique, la production inchangée et les influences sont similaires à celles retrouvées dans le reste de la saga. L’opus s’ouvre alors avec « The Day That the World Breaks Down », un concentré de mélodies épiques et de riffs acérés excédant les dix minutes, accompagnées par la puissance vocale de Tommy Karevik (Kamelot, Seventh Wonder). De plus, la trame de The Source permet de décliner un prequel à 01011001, œuvre clôturant l’histoire de « The Forever ». Ce concept album, en contant les origines de ce peuple d’aliens central à la saga, renoue donc avec le genre science-fiction avec lequel Arjen Lucassen souhaitait prendre de la distance.

Ce nouveau tome de la saga Ayreon n’en reste pas moins une œuvre efficace, équilibrée et très bien composée. L’album, structuré en quatre chapitres, renoue avec les recettes qui ont contribué au succès du maestro auprès de ses pairs. A titre d’exemple, « Sea of Machines » qui est un clin d’œil indiscutable à une autre pièce de la saga (March of the Machines), est une chanson de cinq minutes, facile d’accès et mêlant avec brio les instruments à corde et à vent avec les voix de Tommy Rogers (Between the Buried and Me) et de Michael Eriksen (Circus Maximus), entre autres.
The Source est, par ailleurs, ponctué de quelques moments forts qui raviront les auditeurs les plus fidèles d’Ayreon. « Deathcry Of A Race » est un exemple du talent d’Arjen Lucassen à pouvoir incorporer à la fois des influences de musiques contemporaines à d’autres plus traditionnelles voire exotiques. En effet, cette pièce se distingue par ses chants et mélodies orientales ainsi que par une utilisation caractéristique de la guitare électrique. Autre pièce de qualité, « Everybody Dies », est une avalanche de mélodies et de dialogues théâtraux rappelant sans difficulté « Bohemian Rhapsody » de Queen.

La sortie de The Source est concomitante d’un changement de label. Paradoxalement, cela ne semble pas avoir influé le processus créatif d’Arjen Lucassen qui opte aujourd’hui pour un retour aux sources des plus réussis. Ayreon, projet inconstant en termes de direction artistique, n’en est donc pas moins constant en qualité.

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