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09 Mai 2017

Christine Ott

Only Silence Remains

par Vox

Christine Ott ne fait rien comme tout le monde. Dès le départ, elle choisit de consacrer sa vie à l’étude d‘un instrument singulier, les Ondes Martenot. Cet ancêtre du synthétiseur créé par Maurice Martenot en 1928 ressemble à un clavier qui produit tour à tour des sons proches d’une voix humaine ou des climats plus étranges tels qu’on peut les retrouver dans les films fantastiques des années soixante-soixante-dix.

Des compositeurs tels qu’André Jolivet et Olivier Messiaen ont beaucoup écrit pour les ondes Martenot, créant ainsi, au fil des années, un vaste répertoire pour la vingtaine d’ondistes professionnels exerçant aujourd’hui en France. Christine Ott aurait donc pu se contenter de vivre confortablement de son art en se consacrant exclusivement à sa carrière de musicienne classique. Elle a pourtant rapidement choisi de sortir de sa zone de confort pour se frotter à d’autres univers. Elle a ainsi joué tour à tour avec Yann Tiersen, Radiohead, Dominique A ou Tindersticks. Loin de se contenter de l’univers de la chanson elle consacre une large partie de son travail à établir des ponts entre le son et l’image. Outre sa participation à de nombreuses bandes originales (Amélie Poulain, Swing de Tony Gatliff..) , elle entame également une vie de compositrice en créant des partitions sonores pour des cinés concerts (Tabou de FW Murnau en 2012, Nanouk l’esquimau de Robert Flaherty en 2013..). Ajoutez à cela une vie d’enseignante au conservatoire de Strasbourg, et vous comprendrez pourquoi il a fallu attendre, sept longues années, la parution de son deuxième album solo : Only Silence Remains.

Autant son disque précédent, solitude nomade, travaillait sur l’expérimentation autour des ondes Martenot, autant son nouvel album semble être consacré à son amour pour le piano. Un instrument qu’elle fait voyager dans des univers aussi différents que le jazz (« Raintrain ». ), la musique classique (« No memories ». ) ou dans des territoires plus expérimentaux comme sur le titre « Danse avec la neige ». . Si les influences sont diverses, elles sont cependant toujours au service d’un propos. Au fil des écoutes, on découvre peu à peu un fil d’Ariane qui semble relier l’ensemble des compositions, un chemin qui ressemble à une ligne de vie. Only silence Remains peut être vu comme un film musical qui dessine en creux le destin d’une femme qu’on accompagne de l’aube à la nuit. On devine la promesse des débuts dans le titre d’ouverture, « à mes étoiles ». . Une enfance rêveuse, paisible, un paradis originel bientôt abandonné pour les passions amoureuses. On accompagne alors l’héroïne dans des ballades romantiques (« Szczecin ». ) jusqu’aux premières étreintes passionnées (« Sexy Moon ». ). Les amours naissantes sont toujours des printemps. Bientôt, vient le temps de la première pluie (« Raintrain ». ) suivi par beaucoup d’autres. Les trois derniers titres de l’album installent une ambiance plus sombre. On suit la femme mature celle qui réconcilie ses ambitions et ses sentiments avec ce que la vie et les autres peuvent réellement lui donner. Christine Ott varie souvent, sur cette dernière partie du disque, entre sérénité et intranquillité. Cette ambivalence est pourtant toujours sublimée par un appel du beau, une attirance vers une lumière au-delà des ténèbres. En ce sens Only silence remains est une œuvre fondamentalement humaniste. Elle porte en elle la croyance d’un avenir désirable. Sur « Disaster », le morceau qui clôt l’album, le narrateur évoque la fin d’un monde mais aussi le début d’un autre. Preuve que, pour la compositrice, au bout de chaque route, il y a toujours un autre chemin.

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