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30 Avril 2017

Combat Astronomy

Symmetry Through Collapse

par Jean-Philippe Haas

Depuis le début des années deux mille, Combat Astronomy a aspergé l'univers du noise rock expérimental d'une dizaine d'albums poisseux comme de l'huile de vidange. Du dernier-né Symmetry Through Collapse, on pourrait dire que c'est Björk qui tape un bœuf avec Sleepytime Gorilla Museum. Ou Kim Gordon qui s'incruste chez Nine Inch Nails avec John Zorn. Quelque chose dans ce genre-là. Et en même temps tout autre chose, de plus brut, de plus sauvage. Seule certitude : cette rondelle ne laisse pas indifférent. Parce que l'Italienne Dalila Kayros (qui tient le micro à ses heures perdues dans le groupe de metal expérimental SYK) est une chanteuse hors du commun, qui scande, clame, psalmodie. Parce que les riffs hypnotiques et gras, les rythmes pesants et martelés , le saxophone strident et geignard, le violon torturé, presque à l'agonie, entretiennent des atmosphères dérangeantes, à couper au couteau. Parce que la machine Combat Astronomy peut être répétitive et hypnotique, comme l'effrayant riff de « Symmetry Through Collapse » se déroulant sur quinze minutes, entretenu par la forge de James Huggett, Peter Fairclough et Nick Robinson, déchiré çà et là par le saxophone de Martin Archer. Parce que ce monstre mécanique peut aussi ronronner un moment pour s'emballer soudainement (« Kyber »), expulsant ses vapeurs industrielles dans un ciel chargé de grisaille, ou tout dévaster sur son passage, ne laissant que peu de répit, entre rouleau compresseur rythmique et hystéries vocales (« Bhakta ») où l'on reconnaît à peine les gémissements du violon de Wesley Ian Booth, noyé dans des climats délétères. Symmetry Through Collapse ne s'écoute pas en musique de fond : il s'agrippe à vous, rude et exigeant, prenant et envoûtant, et vous laisse exténué. Jusqu'à la prochaine fois, car il y en aura une.

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