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19 Mars 2017

The Jelly Jam

Profit

par Julien Giet

Trio hétéroclite composé de John Myung (Dream Theater) à la basse, au chapman stick et au Moog Taurus, de Rod Morgenstein (the Dixie Dregs) à la batterie et aux claviers ainsi que de Ty Tabor (King's X) à la guitare, aux claviers et au chant, le groupe The Jelly Jam est né en 2002 des cendres du quatuor Platypus qui bénéficiait de Derek Sherinian aux claviers. L'ensemble nous gratifie de son 4eme album, Profit, s'inscrivant dans la veine de leurs précédentes itérations.

Le son qui résulte de l'association de ces trois musiciens renvoie curieusement aux productions rock alternatif/grunge des années 90; les guitares de Ty Tabor exposent d'entrée de jeu un son lourd à travers des riffs puissants et efficaces. «  Care  » rappelle les grandes heures de groupes tels Failure, Alice in Chains ou encore les Smashing Pumpkins en passant bien évidemment par King's X. Le guitariste chanteur dispose ça et là des harmonies vocales bienvenues («  Perfect Lines  ») et des sonorités de guitares variées allant du son lourd («  Water  ») aux arpèges claires («  Heaven  »). La batterie de Rod Morgenstein bénéficie d'un traitement des plus agréables à l'écoute; elle nous apparaît aérée, naturelle et nous laisse ainsi apprécier le jeu subtil de ce batteur talentueux («  Stop  »). La basse de John Myung remplit son rôle à la perfection, sachant rester en retrait tout en étant présente au mixage («  Memphis  »). L'équilibre du trio est donc tout à fait respectée, aucun musicien ne faisant de l'ombre à un autre. Chaque membre possède ses moments de gloire distribués avec parcimonie. «  Mr Man  » nous gratifie d’un excellent solo de guitare, les breaks de batterie comblent les silences de «  Stop  » et «  Perfect lines  » hypnotise par les influences orientales du jeu de basse.

Profit est conçu tel un album concept narrant de chansons en chansons l'histoire d'un prophète qui a pour mission de sauver un monde pourri par l'argent. Cette idée est d’ailleurs parfaitement mise en image avec la photo de la pochette du disque dont on notera également le jeu de mots entre Prophet et Profit. Pour autant, chaque chanson peut être isolée et écoutée indépendamment de l'ensemble. La musique de The Jelly Jam ne cherche jamais la complexité, aucun titre ne brille par une exposition de virtuosité technique: l'ensemble reste hétérogène et agréable à parcourir. L'album commence par des moments de puissance («  Care  » , «  Water  », «  Menphis  ») pour se terminer sur un aspect planant («  Ghost Town  », «  Heaven  », «  Permanent Hold  ») le tout dans une continuité maîtrisée qui enchaîne les mélodies accrocheuses et les arrangements judicieux sous le joug d'une certaine mélancolie. Avec un seul titre dépassant les 5 minutes, l'album est accessible pour tout amateur de rock et de groove solide à la recherche d'un disque facile à écouter et sans prise de tête.

Sans chercher à renouveler le genre dans lequel il évolue, The Jelly Jam assure un quatrième album digne de ses prédécesseurs. Laisser de tels virtuoses mettre leur talent au service de la musique rend l'ensemble solide et maîtrisé, bien que peu ambitieux et pas inoubliable. Tel les Flying Colors, The Jelly Jam est une sorte de cour de récréation pour ses membres: un plaisir qu'il serait dommage de bouder.

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