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09 Mars 2017

Soen

Lykaia

par Florent Canepa

Souvent considéré comme un apprenti Tool (dans le bon sens du terme), Soen propose un troisième album qui a pour objectif de montrer que le groupe peut élargir sa palette ou – sans jeu de mot ou presque – proposer de nouveaux outils. Cette vibrante évolution s’expérimente dès le titre d’ouverture, finalement plus proche des hymnes de Lacuna Coil ou System of a Down. C’est sans doute cette dernière influence que l’on retrouvera dans de nombreux recoins de l’album que ce soit dans les riffs saccadés ou dans les chœurs inspirés (« Sister »). De même, la structure de « Orison » est finalement plus proche de Leprous et la fin du titre, aux harmonies médiévales, vient même chambouler l'ordre établi.

On l’aura compris : Soen ne veut pas être réduit à l’état de clone. Le son de Lykaia, plus aéré qu'anxiogène, accroît le côté accessible porté par la voix claire et affable du chanteur Joel Ekelöf. L’esprit vocal se situe quelque part entre Serj Tankian et l’organe plus posé (lorsqu’il est clair...) de Mikael Åkerfeldt. Cette dernière référence n’est pas anodine : même si l’état d’esprit diffère des « autres » Suédois, on retrouve en point final un « Paragon » qui se balade (au sens propre) quelque part entre Opeth et Pink Floyd.

Les huit titres forment une entité homogène : chaque morceau oscille entre cinq et sept minutes ce qui laisse le temps de dérouler le propos sans faire quelque chose de pop ou de plat. Ruptures et riffs viennent agrémenter le tout jusqu’à construire une petite histoire tribale et mélodique. Soen dépasse même parfois du cadre purement progressif comme sur « Lucidity » qui rivalise avec le rock neurasthénique de Radiohead. Restent un jeu de basse et des secousses rythmiques qui forgent des révérences toujours appuyées à la bande de MJK.

Délicat mais incisif, équilibré et dans la lignée de l’évolution proposée par Tellurian, Lykaia émancipe le groupe de ses influences d’origine pour proposer une histoire de loup garou ou le nocturne se mêle à la lumière de compositions acérées. Si les lignes de chant ne captent pas immédiatement l’attention (comme chez Leprous ou PoS), rapidement, l’ingénuité organique fait mouche. Le fait que Soen fonctionne en production 100% analogique et refuse le numérique y est sans doute pour quelque chose. Mais, au-delà de cette subtilité de production, c’est bien la direction créative qu’il faut applaudir.

Commentaires 

#1 _Ancestor_ 13-03-2017 14:22
Belle chronique pour un superbe album ! En ce qui me concerne, impossible de résister au charme ensorcelant qu'il dispense... :)
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