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04 Février 2017

Eye

Vision And Ageless Light

par CHFAB

Eye est un trio de space rock psyché prog dont les débuts remontent à 2011, tout droit venu des Etats-Unis (Ohio), emmené par le batteur Brandon Smith, et désormais devenu quatuor, pour une équipe toute renouvelée à l'occasion de ce troisième album sorti fin 2016. On avait remarqué ce groupe dès leur deuxième album (Second Sight , 2013) tant on basculait brillamment dans les entrailles du hard cosmos ultra psyché, convoquant autant Hawkwind dans ce qu'il a de meilleur et de plus éthéré que Floyd, ou Black Sabbath et ses riffs en titanium massif... Sur la longueur, l'album tenait tout à fait la route, truffé de séquences bien inspirées, le tout avec une conviction qui faisait du bien à entendre. Un live l'année suivante confirmait tout le bien qu'on pensait de la chose, voire même surpassait son prédécesseur. On se disait donc que cet Oeil n'avait pas fini de faire parler de lui, et en avait encore certainement sous le capot...

Et comme on avait raison ! Oui, car cette refonte du groupe enfonce le clou de la créativité, montant encore d'un cran les vumètres de l'excellence. Et c'est bien pour extraire l'or des musiques 70s que ce Vision And Ageless Light voit le jour. A commencer par le jazz rock, aux digressions de Moog et autres Fender Rhodes d'enfer (bravo à Lisa Bella Donna !), tout bonnement renversantes (on pense à Elephant 9 notamment !), de même que s'ouvrent grandes les portes du progressif grand teint, peut-être LE grand vainqueur du disque. La première moitié file à toute allure, sans l'ombre d'un défaut, tutoyant les constellations et autres supernovas. Déjà l'on se dit qu'on est en train de vivre quelque chose de supérieur à la moyenne et que si ça continue on s'envole vers le chef-d'oeuvre... Les 27 minutes du dernier morceau écorneront un peu, il est vrai, cet album excellentissime, offrant quelques longueurs et, il faut bien le dire, une inspiration un poil en dessous, un rien balisée. La tentation du colossal... Un piège à éviter. N'est pas Yes qui veut, et sans doute une bonne quinzaine de minutes en moins aurait fait de cette gemme un diamant magnifique et définitif. Mais qu'à cela ne tienne, le plaisir est bien là, gorgé de mellotron (formidable morceau d'intro), de guitares folles (Hendrix n'est pas loin parfois), d'apesanteur floydienne, ou de rythmiques de plomb, et le tout avec une mise en son particulièrement jouissive. Un mot également pour attester de la classe folle et de la puissance de feu des quatre musiciens. Bref, tout est là, et on n'en est qu'au troisième album, imaginez donc le potentiel !

On appréciait énormément Astra (au fait, que deviennent-ils?), on sait désormais qu'une hydre supplémentaire vient de faire son apparition, hautement inflammable et stellaire, éclatante... Au fil du temps, Eye est bien devenu une formation de premier plan dans son domaine, et son entrée chez Laser's Edge ne démentira en rien ce constat. On ne prendra pas trop de risques, donc, à avancer que le meilleur reste encore à venir. Cent fois bravo ! Un des albums de l'année.

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