:)
27 Janvier 2017

Brian Eno

Reflection

par Malcolm
dans

Il est difficile de résumer en quelques mots la carrière d'un personnage aussi prolifique que Brian Eno. Toutefois, le jeu en vaudra toujours la chandelle, ne serait-ce que pour présenter au néophyte le parcours de celui qui a écrit, souvent dans l'ombre, une page de l'Histoire de la musique du vingtième siècle.

Brian Eno peut d'abord se définir comme un artisan du son. Producteur incontournable depuis les années soixante-dix, il collabore avec les plus grands noms de la pop internationale : U2, Coldplay, Genesis, David Bowie... Sa rencontre avec Robert Fripp (No Pussyfooting, 1973) va poser les fondations d'un nouveau genre musical, l'ambient, qu'il n'aura de cesse d'approfondir au long de sa carrière.

Dans sa conception, Reflection s'inscrit pleinement dans les principes fondateurs de ce style, tels que définis par son créateur : constitué d'une unique plage sonore de près d'une heure, il développe un climat aérien principalement constitué de notes de claviers égrenées dans une atmosphère chargée de réverbération et de traitements audio-numériques. Comme souvent chez Brian Eno, l'idée sous-jacente est de former une musique non-narrative, propice à un usage libre chez l'auditeur qui peut, à son choix, l'écouter d'une manière active, tout comme s'en servir de support sonore pour d'autres tâches.

La méthode de composition utilisée ici fait le choix de s'intriquer fortement avec l'outil numérique : le compositeur définit les règles globales et des variantes aléatoires, puis laisse l'ordinateur les interpréter sur une plage de temps donnée. Les amateurs reconnaîtront dans Reflection un alter-ego de Thursday Afternoon (1984), qui était déjà une longue plage sonore ambiante réalisée d'une manière globalement similaire. Quoi de neuf, plus de trente ans après ? Musicalement, Brian Eno fait le choix de camper dans son propre sillage. L'innovation se situe toutefois ailleurs. En extension du support enregistré, Eno négocie le tournant du siècle en proposant également son album sous la forme d'une application smartphone, non testée ici, mais qui promet un nouveau degré d'appropriation pour l'auditeur en quête de nouveaux horizons. L'idée est de lui fournir le synthétiseur et les algorythmes de jeu, pour une lecture live de Reflection qui se dote d'un facteur supplémentaire : une variabilité sonore en fonction de l'heure de la journée.

Les sceptiques pourront toujours se rabattre sur la deuxième option d'écoute proposée par Brian Eno lui-même, à savoir de se servir de Reflection comme fond sonore pour discuter entre amis. Les amoureux de son œuvre pourront, au contraire, désormais se promener avec son « générateur musical » dans leur poche. Un bel exemple d'équanimité !

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir