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17 Janvier 2017

Plaistow

Live at Bimhuis

par Jean-Philippe Haas

En 2015, Plaistow sortait ce qui allait devenir un véritable coup de maître : Titan, un album immersif, capable de soustraire votre attention à la réalité pendant plus d'une heure en vous entraînant dans le terrifiant et magnifique vide spatial, avec pour seule compagnie les satellites de Saturne. Au terme d'une longue tournée, le trio suisse nous offre une version « en concert », enregistrée au célèbre Bimhuis, club de jazz d'Amsterdam. Quatre titres ont été sélectionnés, quatre facettes différentes d'un voyage intersidéral, quatre corps célestes aux contrastes importants, quatre parties d'une œuvre fascinante pour laquelle il faut lâcher prise.

Première destination de ce séjour inhabituel : « Hyperion ». Des thèmes répétitifs et enveloppants de Johann Bourquenez au piano encadrent des moments moins denses, voire éthérés, où la batterie de Cyril Bondi et la contrebasse de Vincent Ruiz sont au premier plan et peignent un décor inquiétant, en miroir de la forme irrégulière et la trajectoire chaotique du planétoïde. « Phoebe » procède de cette même symétrie : des saccades et des martèlements oppressants se muent progressivement en des motifs mélodiques et subtilement rythmés, pour mieux revenir ensuite vers la syncope initiale. Plus apaisée mais tout aussi envoûtante, la seconde face du disque crée, avec « Iapetus » et le très ambiant « Helene », une atmosphère propice à la contemplation, comparable d'une certaine façon à la bande son de Cliff Martinez dans le Solaris de Soderbergh, si ce n'est que l'électronique y est absente : contre toute attente, tous les sons produits sont naturels, tirés d'une manière ou d'une autre des instruments acoustiques du trio.

Trois cents vinyles bleus sont disponibles. Un tirage limité qui ne devrait pas faire long feu, mais ceux qui n'auront pas leur exemplaire pourront toujours se rabattre sur les versions studio ou sur un format dématérialisé. Et pour les heureux possesseurs de Titan, ils prolongeront un peu leur plaisir avec Live at Bimhuis. Il n'y a pas de mal à se faire du bien, comme on dit...

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