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06 Janvier 2017

The Neal Morse Band

The Similitude Of A Dream

par Dan Tordjman

Préface : Avant toute chose, l’auteur de ces lignes vous présente ses plus plates excuses pour le retard concernant ce papier. Les excuses formulées, rentrons dans le vif du sujet. La petite entreprise Neal Morse ne semble pas connaître la crise. Après un Grand Experiment suivi d’un Alive Again unanimement salués par la critique, le Révérend s’est donc attelé, avec son équipe de fine lames, à ce nouveau pavé amené à ne susciter que louanges et enthousiasme. A ce titre il faut reconnaître qu’en terme de communication, Neal Morse sait y faire. La présence de Mike Portnoy n’y est sans doute pas étrangère, le batteur tatoué est bavard de nature et n’a pas pour coutume d’y aller avec le dos de la cuillère pour vendre ses nombreux projets. Alors quand on lit ici et là, que le Neal Morse Band est sur le point de sortir son équivalent de Tommy ou The Wall, ça a de quoi faire (sou)rire. Alors est-ce que la barre n’a pas été placée trop haute ?

C’est, à priori, avec des pincettes qu’il faut prendre ces déclarations. Même si comme les chefs-d’œuvre mentionnés, le format double CD est ici présenté. Dès l’entame du premier on retombe dans les schémas maintes fois entendus chez Neal Morse et Spock’s Beard du temps où il était chef à bord : une intro calme avant une première démonstration de virtuosité. Et une fois de plus, l’alchimie créée avec Eric Gillette, Bill Hubauer et Randy George est parlante en dépit d’une marque de fabrique évidente et déjà établie.

Ce qui surprend, c’est la variété des influences - pourtant déjà connues - et la manière dont elles apparaissent. La marque de fabrique du Morse, c’est cette capacité paradoxale à servir quelque chose a priori déjà entendu auparavant sans ce côté flagrant qui pourrait donner un côté fade au titre. « The Ways Of The Fool » avec ses réminiscences des Beatles ou de Queen - et par combinaison des deux, Jellyfish - est un bon exemple. « Makes No Sense » rappelle les grandes heures de Spock’s Beard. « So Far Gone », et « I’m Running » sont des titres dans lesquels est imprimé un tempo bien rock et très direct. Mention spéciale à « The Man Of The Iron Cage » dont le riff principal vous rappellera le souvenir d’un Dirigeable qui planait il y a longtemps au-dessus de la planète rock.

Tout porte à croire, jusqu’ici, que les bougres ont vraiment réussi le tour de force annoncé lors de la promotion de ce disque et sur les réseaux sociaux avant sa sortie. Il vous appartiendra de confirmer ou infirmer ces dires car, comme c’est malheureusement souvent le cas, dans un album double chez Neal Morse, des longueurs sont à signaler et elles ne rendent pas justice à la qualité intrinsèque de ce disque, qui malgré de sacrés refrains peine à accrocher dans sa globalité l’auditeur. On peut comprendre le souhait de blinder un disque à l’envi. Mais peut-être parfois, serait-il préférable de s’abstenir, ne serait-ce que pour aller à l’essentiel.

Pour répondre à la question : est-ce que ce disque est amené à devenir l’égal de ses illustres prédécesseurs cités plus haut ? Réponse de votre serviteur : non. Les temps ont changé. Aujourd’hui la musique ne se consomme plus comme dans les années 60 et 70. L’époque où l’on s’asseyait pour s’envoyer The Wall ou Tommy ou, plus récemment Brave de Marillion, est depuis longtemps révolue. Et cette qualité d’« album culte » ne peut se vérifier qu’avec le temps. Laissons le faire son œuvre et voyons si ce double album tient réellement ses promesses et si le charme opère réellement et totalement au fil des écoutes.

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