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13 Décembre 2016

The Fierce and the Dead

If it Carries on Like This We Are Moving to Morecambe

par Elisabeth Parnaudeau

Rusés lecteurs, ne tentez pas de prétendre le contraire : vous aussi, vous avez joué à « deviner-le-genre-musical-grâce-au-nom-du-groupe-ou-de-l’album ». De la poésie joviale grindcore (Erotic Diarrhea Fantasy) à la subtilité rutilante du power metal (Power of the Dragonflame) par exemple, les clichés ont bon dos parfois pour notre plus grand plaisir.

Du coup, quid de If It Carries On Like This We Are Moving To Morecambe, avec un tel nom à rallonge et sans l’avoir écouté ? Du post-rock planant ? Eh bien oui, mais pas que. Ce serait tristement réducteur et ne rendrait pas justice aux talents des musiciens de The Fierce And The Dead.

Le groupe est né dans les années 2000 d’une réunion improvisée entre Matt Stevens, le guitariste, qui cherchait des musiciens pour son second album solo, et Kevin Feazey et Stuart Marshall, respectivement bassiste et batteur. En 2012, Steve Cleaton les a rejoints avec sa guitare pour étoffer le registre du groupe. Leur premier EP Part 1, datant de 2010, a rencontré un certain succès critique. If It Carries On Like This We Are Moving To Morecambe, sorti en 2011, est leur  vrai  ” album initial. Ce qui est chroniqué ici est une réédition de ce disque, reléché, remixé, relooké (même la pochette a changé, œuvre de Marc Buckingham), enrichi d’un morceau live (« Andy Fox ») et d’un inédit (« Foreign Languages »). Si cette mode des remix peut donner l’agaçante impression que l’auditeur est pris pour une vache à lait, The Fierce and The Dead a fait l’effort de proposer quelque chose de rafraîchissant et apportant vraiment un plus, ce qui est à porter à leur crédit.

Au niveau musical, l’instrumental proposé par ces Américains dans le vent est assez décoiffant. Pour filer la métaphore atmosphérique, pas du genre petite brise légère mais plutôt grosse bourrasque dans la figure. On y entend des accents psychédéliques Crimsoniens, mâtinés du saxophone jazz en roue libre de Terry Edwards (P.J. Harvey, Nick Cave…), comme sur « Andy Fox » ou « Daddies Little Helper ». Sur d’autres morceaux (« 10x10, Landcrab »…), le post-rock ambiant aux guitares légères s’acoquine à un punk hardcore des plus violents, pour donner naissance à une créature hybride intrigante. Pas question d’ennui ou de lassitude donc ! Ce mélange des genres et des références donne le tournis et mérite plusieurs écoutes.

The Fierce and The Dead a tourné et tourne avec des pointures : Crippled Black Phoenix, The Aristocrats, Philm (le projet post-Slayer de Dave Lombardo)… Ils font également de nombreux festivals partout dans le monde. Et si les quatre Anglais réussissent à insuffler à leur public la même énergie et la même folie dont ils ont imprégné leur album, leurs concerts doivent être un furieux moment de plaisir.

Commentaires 

#1 matthew stevens 22-12-2016 23:27
Thank you for your support
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