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09 Décembre 2016

Kaipa DaCapo

Dårskapens Monotoni

par Raphaël Dugué

Sorti après le décevant Invention of Knowledge issu de sa collaboration avec Jon Anderson, Dårskapens Monotoni de Kaipa DaCapo est peut-être l’occasion pour Roine Stolt de terminer l’année sur une note positive.

Vieux routard du prog scandinave, Kaipa est un groupe au sein duquel joue Roine Stolt au mitan des années soixante-dix avant. C’est sous le nom de Kaipa DaCapo que Stolt a reformé une version rétro du groupe en 2014 (à ne pas confondre avec la version moderne des années 2000 appelée Kaipa tout court). Créée avant tout pour la scène, la formation finit par se retrouver en studio pour enregistrer du matériel nouveau . Suivant une approche ostensiblement vintage, Kaipa DaCapo n’hésite pas à reprendre tous les codes du rock progressif d’antan et plus particulièrement son versant solaire et rêveur, tourné vers la mélodie plutôt que la dissonance, dans la lignée de Yes, Genesis ou de Happy the Man. L’album, composé en grande partie par Roine Stolt, est bien sûr constitué de morceaux longs à tiroirs, entrecoupés d’intermèdes plus légers. Les passages instrumentaux extensifs permettent aux solistes de s’exprimer pleinement.

Reprenant son rôle de guitariste, Roine Stolt est plus libéré qu’il ne l’était dans le projet Anderson/Stolt malheureusement phagocyté par le Britannique. Ses interventions sont toujours pertinentes dans ce registre lyrique que l’on connaît de The Flower Kings. Les claviers sont toujours très présents tout au long du disque et renforcent le côté vintage. Les paroles en suédois donnent une couleur toute particulière au disque, et les accents chantants de cette langue nordique (caractéristiques qui la rapprochent de l’italien) se prêtent parfaitement au genre malgré le chant au registre limité de Michael Stolt.

Dårskapens Monotoni peine parfois à émouvoir tant il donne l’impression d’être figé dans le passé. La musique du groupe manque de personnalité, quelque chose qui accrocherait l’auditeur. Dårskapens Monotoni est un disque agréable et sympathique qui pourra plaire aux amateurs du genre, sans malheureusement les bousculer assez pour s’imposer comme une véritable réussite.

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