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14 Novembre 2016

Corima

Amaterasu

par Aleksandr Lézy
dans

Après une superbe entrée en matière courant 2012 avec son deuxième album Quetzalcoatl, Corima fait son grand retour avec le bien nommé Amaterasu. Signé sous le sympathique label français Soleil Zeuhl, ce groupe américain basé en Californie proposait jusqu’à maintenant une musique directement liée aux incommensurables Magma. Pourtant, il semblerait que la ligne directrice s’en émancipe quelque peu pour cette nouvelle offrande.

Après le voyage sur les traces de Quetzalcoatl, l’une des incarnations du serpent à plumes au Mexique, Corima change de continent et nous parle d’Amaterasu, la déesse du soleil dans le shintoïsme. Composé de deux gros morceaux, « Tsukutomi » et « Amaterasu », ce nouvel album oppose deux facettes du groupe : la claire et l’obscure.
Le premier morceau, en trois parties, énonce clairement une sorte de détachement à la Zeuhl pure, en variant les thèmes, en sacrifiant le côté hypnotique des répétitions pour celui d’une musique enjouée et virevoltante presque dansante par moments. Morceau intéressant mais en dessous du potentiel du groupe. Le second en six parties, commence au piano, destructuré, atonal puis se développe de manière très progressive. Avec un côté noir en toile de fond, la musique de Corima se fait très expressive et incisive à la fois. L’influence Magma est perceptible à certains moments, aussi bien dans l’énergie que dans l’explosivité des thèmes.
Andrea Calderón au violon et à la voix discrète n’enflamme pas le stade, juste pour une question de mise en valeur. En revanche, derrière, l’arsenal est au rendez-vous et ne joue pas pour la figuration. Pour un groupe de cinq personnes, les instruments sont nombreux entre les différents claviers, violon, guitare, basse, glockenspiel, saxophones et voix et permettent à Corima d’arroser de sons et de créer une sorte de folklore entêtant et bouillonnant.

Corima avance sur les traces des dieux mythologiques, commence à trouver sa voie mais l’ombre de Magma plane toujours et va être difficile à extraire. Amaterasu flirte avec le bon niveau mais oublie d’offrir un peu plus de matière et de cohérence à sa musique. Un poil décevant …

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