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07 Novembre 2016

MoE

Examination of the Eye of a Horse

par Aleksandr Lézy

On sait qu’ils sont Norvégiens, qu’ils sont trois et qu’ils ne sont pas là pour enfiler des perles. MoE, le nom du groupe est en fait le nom de la chanteuse / bassiste Guro Skumsnes Moe, une véritable possédée, démente, envoûtante. Entre rock et metal avant-gardiste à tendance noise et expérimental, ces Osloïtes pourraient être vos pires voisins, du genre de ceux qui déplacent les meubles à trois heures du matin.

Il ne faut pas être cardiaque pour écouter Examination of the Eye of a Horse, quatrième album de ce power trio scandinave. C’est âpre, strident, velu, malsain, hargneux et décapant. Avec seulement six morceaux pour trente-quatre minutes de musique, MoE atteint l’objectif de mettre K.O son auditeur dès la première écoute. Parfois lent, sombre et angoissant à la Jesus Lizard comme sur « Realm of Refuge », tantôt rapide et apocalyptique à la Napalm Death comme sur « Paris », MoE râcle le fond des tympans en maîtrisant son chaos sonore.
Très bien ficelées, les compositions sont la résultante d’une véritable écriture mais aussi d’une savante recherche stylistique et phonique. Les saturations sont étudiées pour siffler, saigner et les expérimentations sur la voix ou sur les bruitages et autres larsens apportent à l’ensemble une dose d’hyper agressivité décadente. Tout cela, baigné dans une superbe production massive et stridente dirigée par le guitariste Håvard Skaset, Examination of the Eye of a Horse se pose comme un album extrêmement intense.

MoE est une énième découverte renversante. Elle chamboule par bien des aspects les notions d’harmonie et de mélodie et assène de grands coups de marteau dans le crâne tout en activant les cellules nerveuses de l’auditeur. Sur la longueur, l’expérience peut s’avérer compliquée, renversante voire repoussante, mais après cela, au final, plus rien ne sera comme avant.

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