coup de coeur
07 Octobre 2016

Ap0llonius AbRaham ScHwarz

Ap0llonius AbRaham ScHwarz

par Aleksandr Lézy
dans

Découvert par hasard en concert en 2015, l’envie de pouvoir écouter leurs morceaux à la maison n’a cessé de grandir depuis. Véritable coup de cœur sur scène, Ap0llonius AbRaham ScHwarz n’a finalement pas tardé à enregistrer quelques morceaux. Ce trio de Lausanne en Suisse, au nom intrigant et à la configuration originale, risque bien d’en surprendre un grand nombre avec ce premier album éponyme abrasif à contre-courant.

Mené par le guitariste compositeur David Doyon, gourou exalté au jeu inimitable et survolté, Ap0llonius AbRaham ScHwarz est l’incarnation du groupe qui fait réfléchir son public tout en lui faisant remuer la tête et taper du pied ! Jusqu’à un certain point, il est vrai, étant donné la richesse rythmique affichée. Complexe et abordable à la fois, Ap0llonius AbRaham ScHwarz s’alimente de sons de guitares tantôt doux tantôt grinçants mais aussi et pour le coup, d’une originalité déconcertante avec la présence du saxophone baryton de Laurent Waeber. Remplaçant d’une basse en quelque sorte, il réussit à administrer non seulement du grave résonnant mais aussi une touche de mélodie profonde que d’autres instruments ne permettraient pas d’obtenir. (ndlr : Il semblerait qu’au début du groupe, le trombone tenait le rôle) Autre élément indispensable et d’une flamboyance toute particulière, la batterie de Dominic Frey, magicien des fûts, cymbales et autre wok. Il amène une dynamique élégante et ravageuse, même dans les signatures rythmiques les plus asymétriques.
Les morceaux de ce premier album endossent plusieurs rôles. Ceux qui dominent par leurs phrases accrocheuses, pertinentes et démonstratives comme dans « Scum », « Le Baron vampire » ou « Lamellirostre », ceux plus courts servant de sas de décompression et d’expérimentations comme « Odessa » ou « Le miel de Dersim ». Tout est idéalement agencé pour produire l’effet de rebondissements et à la fois d’homogénéité. Il y a toujours de l’intention pour le meilleur des effets.

Ap0llonius AbRaham ScHwarz signe ici une perle à la fois de RIO mais aussi de math rock, le véritable, celui qui sait compter, empiler, décaler, déconstruire. L’écriture soignée démontre que l’expérimentation n’est pas le fruit du hasard ou d’une improvisation approximative ou fortuite mais bien d’une réflexion profonde, ancrée dans les divers recoins du rock et du jazz dont les sonorités se mélangent ici à foison. Et même si la production très correcte manque un peu de volume et d’espace, ce premier jet mérite les éloges les plus enthousiastes, devenu coup de cœur avant même d’avoir franchi la ligne d’arrivée. Brillant !

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