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09 Août 2016

Panzerpappa

Pestrottedans

par Aleksandr Lézy

Voici le retour d’un groupe que l’on suit depuis leur tout début. Fondé en 1998, Panzerpappa n’a jamais cessé son activité malgré les mouvements de personnel. Mené par Trond Gjellum, encore un batteur aux avant-postes, et secondé par l’essentiel Steinar Børve aux claviers et saxophone, le quartet Rock in Opposition d’Oslo réapparait après quatre années d’absence avec un sixième album Pestrottedans signé cette fois-ci chez AltrOck Records.

Pestrottedans emprunte des sonorités au rock progressif qui apparaissaient auparavant de manière moins outrancières, notamment concernant les claviers, très présents ici. Toujours à classer dans la famille du Rock In Opposition, il se détourne légèrement du côté Canterbury pour laisser place à une forme plus « symphonique » qu’il ne l’était déjà, moins agressive aussi toutes proportions gardées.
De Spadom à Goda Gomorrah, les sept titres comportent des éléments fantaisistes presque kitsch, qui s’estompent progressivement au fil de l’album. Les systèmes majeur et mineur se côtoient et s’affrontent sans cesse donnant un ton presque rocambolesque par moments. Guitare, et accordéon se chamaillent. On peut comprendre que pour Jarle G. Størlokken le travail soit de taille, jouant des deux. Les claviers et saxophone de Steinar Børve ne sont pas en reste non plus.
L’évolution de ce groupe est quelque peu déroutante. Non pas qu’elle ait dévié car à quelques différences près on s’y retrouve plutôt bien. Mais les changements de labels doivent y être pour quelque chose. Précédemment chez Rune Grammofon avec Astromalist en 2012, Panzerpappa avait atteint un niveau dingue. Avec AltrOck Records, le ton est moins scandinave, poussé par une étrange et toute relative simplicité, plus d’évidences dirons-nous. Directives ou pas, c’est troublant ! Les influences de King Crimson sont moins marquées tandis que celles de leurs ancêtres Samla Mammas Manna subsistent, et encore …

Panzerpappa possède une écriture assez unique, très précise et réfléchie. Cependant, il aura fallu de nombreuses écoutes afin d’apprécier à sa juste valeur ce nouvel album. Pestrottedans, même si très agréable à écouter et plutôt assez copieusement fourni en qualité ne représente pas ce que Panzerpappa a su faire de mieux aussi bien sur le fond que la forme, la production synthétique n’aidant pas … Il manque à ce sixième album ce petit supplément d’âme qui sautait aux oreilles sur Farlig vandrig en 2004.

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