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02 Août 2016

Dream The Electric Sleep

Beneath the dark wide sky

par Florent Canepa

En pleine chaleur estivale, alors que les enfants barbotent en mer et que les Aperol Spritz fleurissent sur les terrasses, le nouvel album des Américains de Dream the electric sleep fait figure de bouffée d’oxygène et d’évasion additionnelle. On se souvient que Heretics, même s’il laissait certains sur leur faim, donnait à entrevoir de beaux lendemains. Alors, deux ans plus tard, quel est le verdict ?

Passant de quatuor à trio, le groupe n’en a pas pour autant oublié de densifier ses sonorités, malgré ce guexit (comprendre exit d’un guitariste...). On entrevoit souvent une proposition alternative et plus mélodique encore à ce que peuvent offrir les Écossais de Biffy Clyro. Guitares emportées par des tourbillons atmosphériques (« Let the light flood in », premier extrait, comme Anathema sans anxiolytiques), chant résolument aguicheur pour faire écho à ce je ne sais quoi de plus accessible : nul doute, Dream the electric sleep a affuté ses armes et se pare d’atours charmeurs bienvenus et ce jusqu’au final en forme d’apothéose déterminée.

Le groupe se joue finalement de cette fine frontière qui sépare le rock commercial flamboyant (le rendant plus intéressant que les derniers albums de U2 ou Linkin Park réunis) et les habits plus ésotériques propres au genre progressif. « Hanging by time », un des morceaux les plus intéressants, s’amuse par exemple parfaitement avec la ligne. Et apprend comment convertir toute la famille à une musique pas si barbare que ça. Les feedbacks deviennent sexy, les caisses claires gracieuses, la basse saturée envoûtante (« We who blackout the sun »).

Certains bouderont la fête et se diront qu’ils ne lisent pas Chromatique pour avoir l’heur de connaître le nouveau Foo Fighters (à s’y méprendre sur « The Good Night Sky »). D’autres en profiteront pour convertir les profanes et encenser cet art rock qui change des alliciantes œillades de Coheed and Cambria. Mais tous s’accorderont pour dire que si les radios des collèges américains diffusaient en rotation les titres de Beneath the dark wide sky, comme elles le faisaient avec les Smashing Pumpkins dans les nineties, le monde ne se porterait pas moins bien. On éviterait peut-être même les idéaux en forme de Trump-l’oeil, qui sait.

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