coup de coeur
27 Juillet 2016

Ping Machine

Ubik

par Aleksandr Lézy

Dans l’univers impitoyable des grandes formations, quinze musiciens pour Ping Machine, c’est un combat de chaque jour pour faire vivre sa musique. La composer est une chose, pas toujours évidente, demandant temps d’écriture et énergie de la répéter, mais aussi, et surtout, de trouver des lieux permettant de se représenter. Saluons encore une fois cette démarche.

Morceau de soixante-cinq minutes découpé en quatorze pistes, « Ubik » figure sur Ubik, comme quoi un titre peut prendre tout son sens de manière très simple. Comme un hommage à Philip K. Dick, célèbre auteur de science-fiction et l’un des favoris de Frédéric Maurin, cet album possède plusieurs niveaux d’écoute et se présente comme une œuvre de musique contemporaine, mêlant écriture et improvisation.
On trouve très vite la direction d’Ubik parce que l’écriture assurément complexe n’est pas rébarbative ni bloquante par rapport au degré d’émotion assez poussé, généré. Le beau y est ici une dominante même dans les chemins les plus sinueux et tortueux. Les moments de bravoure sont légions, la parole est donnée à chaque musicien même si le piano de Paul Lay ou le vibraphone de Stéphan Caracci par exemple pour ne citer qu’eux sont mis en avant en tant que solistes.

Comme dans un labyrinthe donc, l’auditeur est mené sans interruption dans les méandres d’une musique téméraire et audacieuse. Tour à tour, elle se met à évoquer Art Zoyd, Olivier Messiaen, Frank Zappa et bien d’autres, toujours dans une démarche très personnelle, réfléchie, intrigante et méticuleuse. La production est encore une fois hyper léchée et naturelle, profonde et aérée. Ping Machine réalise ici une performance absolument admirable, passionnante et géniale.

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