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04 Juillet 2016

maninkari

Oroganolaficalogramme

par Aleksandr Lézy

Duo parisien, maninkari prend forme autour d’Olivier et Frédéric Charlot. Très peu d’informations circulent à leur sujet, même si leur discographie est plutôt conséquente depuis une dizaine d’années ! Le hasard nous ayant fait croiser leur chemin, une écoute attentive de ce nouvel album fraîchement paru sur leur propre label Ferme-l’œil, se résumant finalement plus tard à de nombreuses autres, a permis de découvrir un projet audacieux, original et (sur)prenant.

Si les maninkari sont des esprits invisibles pour certaines tribus d’Amérique du Sud, notamment au Pérou, Oroganolaficalogramme transpire le chamanisme, la méditation transcendantale. Bercé dans un drone sombre et envoûtant, l’association de l’orgue, du violon, du violoncelle et des percussions relève d’un travail d’expérimentation, de recherche entre la composition et l’improvisation. Le jeu des textures, parfois agressives, rappelle la musique contemporaine, celle de Krzysztof Penderecki entre autres, et sans vouloir les apparenter à un mouvement ou à un autre, pourrait parfaitement être l’œuvre d’un groupe de Black Metal d’avant-garde.

maninkari use et abuse positivement de l’orgue, élément central de cet album, comme Olivier Messiaen l’avait lui-même exploité par exemple en 1969 avec Méditations sur le Mystère de la Sainte Trinité. Oroganolaficalogramme possède aussi ce caractère méditatif, ancré dans une spiritualité décharnée de religiosité, mais faisant appel tout de même à un pouvoir d’introspection chez l’auditeur.

Les sept pistes sont homogènes, fonctionnent comme un grand tout. La quarantaine de minutes qui constitue cette œuvre minimaliste permet de rentrer dans un des univers d’Olivier et Frédéric Charlot pour un plaisir simple mais riche en émotions : une belle expérience, très éloignée du drone fumiste habituel.

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