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27 Juin 2016

Gorguts

Pleiades' Dust

par Malcolm

Gorguts fait partie de ces groupes, à la fois légendaires et méconnus, dont les sorties discographiques et l'activité scénique sont toujours restées, injustement, une affaire de connaisseurs. Profitons de la vitrine offerte par la sortie récente de Pleiades' Dust, pour rendre ses lauriers à l'émérite formation québécoise.

A travers une histoire presque aussi longue que celle de son style d'appartenance, Gorguts a tracé, aux côtés de Cynic, Death, et autres Pestilence, une voie originale alliant la brutalité du death metal à une recherche musicale lorgnant du côté des musiques progressives. A l'instar des autres chefs de file de ce « brutal death progressif », et malgré le relatif engouement d'une partie de la scène metal extrême, le groupe persiste à garder une longueur d'avance, en conservant une patte musicale qui reste, encore aujourd'hui, très identifiable.

Tristesse du sort, Gorguts ne rencontrera jamais un succès à la hauteur de son talent. De l'évolution incertaine du groupe, jalonnée d'interruptions, aboutira une discographie plutôt éparse (six albums en un quart de siècle), assortie d'une certaine rareté sur scène. Dans un souci d'honnêteté, avouons également que leur musique n'a pas fait le choix de l'accessibilité au néophyte... Avec un peu de préparation et une accoutumance auditive aux sonorités du death metal, le voyage vaut toutefois le coup. Vous êtes prêts ?

Au delà du tronc commun à leurs congénères du metal extrême (blastbeats, double grosse caisse, grognements gutturaux, guitares souvent accordées plus bas que la normale), l'originalité du groupe québécois réside dans une certaine philosophie de l'écriture musicale, intégrant volontiers à son vocabulaire des textures sonores bruitistes produites à la guitare. Le rendu, explosif et parfois très noise, allié à un goût prononcé pour la déstructuration rythmique et harmonique, constitue la signature du groupe. L'album Obscura, paru en 1998, est un exemple représentatif de cette orientation. Depuis leur reformation et la sortie de Colored Sands en 2009, où on notera un retour vers une certaine forme de concision qui, assortie à une excellente production, constitue une porte d'entrée sûrement plus aisée à qui veut s'initier à leur univers.

Ce nouveau Pleiade's Dust, composé d'un unique morceau éponyme de plus de 30 minutes, semble cette fois réservé aux auditeurs avertis. Construit autour du thème de la destruction de la Maison de la Sagesse de Bagdad en l'an 1258 par les hordes mongoles, il s'affiche clairement comme un album concept. La recette musicale utilisée ici s'inscrit tout à fait dans la lignée des sorties précédentes, à l'exception notoire de son format, qui nécessitera un effort supplémentaire à l'auditeur. Disons-le : ce nouvel album constitue, par son foisonnement d'idées, le soin apporté à la composition et son timbre inimitable, une réussite indiscutable, pour un groupe qui n'est toujours pas prêt à se voir rangé au sein des antiquités. Gorguts confirme donc, par l'exemple, qu'un statut d'icône culte se mérite et, surtout, s'entretient, ici en repoussant sans cesse les limites d'un death metal à la signature unique. Définitivement un groupe comme on aimerait en écouter plus souvent.

Commentaires 

#1 Watchmaker 28-06-2016 12:51
Tiens? Gorguts sur chromatique, c'est pas courant mais c'est chouette ! :) Par contre colored Sand est sorti en 2013 ;)
Merci pour cette chronique, de ce qui sera vraisemblableme nt mon album de l'année...
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