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17 Juin 2016

Crystal Palace

Dawn of Eternity

par Alexandre Gombaud-Saintonge

Crystal Palace est un groupe originaire d'Allemagne existant depuis plus de 20 ans et dont le line-up a fréquemment été remodelé au cours de son histoire comme en témoigne le nombre de batteurs l'ayant intégré. L'année 2004 fut d'ailleurs particulièrement difficile pour le groupe puisqu'elle coïncida avec la défection d'un des fondateurs ainsi que la perte de leur studio d'enregistrement. Entre temps, Crystal Palace s'est remis d'aplomb et a sorti plusieurs albums de bonne qualité dont The System of Events . Aujourd'hui, nous découvrons la 7ème production, Dawn of Eternity, de vieux routards du rock neo-progressif.

Rappelons que le neo-progressif est un style ayant eu un rapide et grand succès dans les 80's, en particulier grâce à Marillion, avant de s'essouffler presque aussi rapidement. Il se réincarne dans les années 2000 dans des groupes tels que Gazpacho et Sylvan. Nous pourrions donc nous interroger sur la capacité de Crystal Palace à avoir su se réinventer malgré son ancienneté, un peu à la manière de Pendragon.

C'est effectivement chose faite puisqu'il s'agit d'un album respectant les codes du neo-prog - cette alchimie distinctive entre deux styles a priori antagonistes, le prog et la pop – tout en intégrant des éléments plus modernes comme des sonorités électroniques. «  Sky Without Stars  », 10ème track de l'album, en est une excellente représentation. On surprend même, à certains moments, des inspirations rock plus anciennes pour ne pas dire intemporelles. «  Daylight After the Rain  » et «  The Day that Doesn't End  » nous font nous souvenir des années d'or de Pink Floyd.

Aussi, chaque chanson peut être écoutée individuellement, à la manière d'une production orientée pop. Pour autant, l'album n'est pas dépourvu de fil rouge puisqu'il en existe un, émotionnel et thématique: le concept d'éternité. Certes, cela pourrait résonner de manière pompeuse à nos oreilles mais la légèreté des morceaux vient combler nos doutes à ce sujet.

Notons, enfin, la présence au mixage de Yogi Lang, frontman de RPWL soit un des principaux groupes de prog de la scène allemande, et de Markus Reuter à la guitare, prodige multi-instrumentiste évoluant notamment au sein de Stick Men, dont nous reconnaîtrons les pattes tout au long de l'album.

Cet album, inspiré et efficace, est une réussite sur le plan artistique. Nous ne pouvons donc que vous recommander Dawn of Eternity, une œuvre qui ravira aussi bien les spécialistes que les néophytes. Celle-ci est signée Crystal Palace, un vieux groupe prometteur.

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