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09 Juin 2016

Bill Laurance

Aftersun

par Raphaël Dugué

Comme les années soixante-dix et quatre-vingt il y a quelques temps, ce sont au tour des années quatre-vingt-dix de faire leur retour en grâce. Si le revival 80's n'avait pas apporté grand chose, le retour des années 90, qui ont vu émerger un grand nombre de styles dans le métal, l'électro, le jazz etc., est peut être une occasion de créer du nouveau sur les bases de cette décennie.

Avec Aftersun, Bill Laurance, claviériste de Snarky Puppy, formation de jazz à l'aura grandissante, n'en n'est pas à son premier essai en solo. Si les toutes premières secondes de l'album rappellent les pires heures de la pop synthétique des nineties, la suite se révèle bien plus passionnante. Avec une assise rythmique donnée par la basse, la variété de percussions joue un rôle central dans la musique. C'est sur cette base que Bill Laurance va créer des mélodies accrocheuses. Inspiré à la fois de l'afrobeat et de l'electro-jazz des années quatre-vingt-dix, Bill Laurance ne cherche jamais à se mettre en avant. Il reste relativement en retrait dans le mix, un choix étonnant mais qui permet de laisser s'exprimer la créativité de ses partenaires et de faire d'Aftersun un album au collectif vibrant. Le disque évoque plusieurs styles, du jazz le plus doux (« The Pines » un morceau à écouter au bord de la plage en sirotant un cocktail) au funk électrique intense (« A Blaze ») à l'electro plus sophistiqué (« First Light » qui convoque avec subtilité le Jaga Jazzist des débuts). Derrière une apparente simplicité se cachent nombre de détails (avec, notamment, une grande variété de percussions) et de sonorités. L'ensemble manque peut-être un peu de caractère, il reste néanmoins un disque agréable qui évoque les soirs bleus d’été. Bill Laurance arrive à redonner du souffle à un genre qui avait été enterré un peu à la hâte grâce à une inventivité dans ses orchestrations et un collectif sans faille.

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