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30 Mai 2016

Virus

Memento Collider

par Malcolm

Virus est ce genre de projet, à la fois passionnant et méconnu, qui bourgeonne et essaime selon son rythme propre. Œuvrant depuis le début du millénaire dans une relative confidentialité, il se dévoile sporadiquement à la face du monde pour des apparitions live trop rares, ou pour semer des albums qui sont comme autant de poussées de fièvre hallucinatoires. On ne peut pas rater l'occasion de la sortie de Memento Collider, pour affirmer tout le bien qu'on en pense.

Virus, c'est d'abord un son, dont il faut s'imprégner pour en saisir l'unicité, la profondeur et le génie. Si du CV black metal de son membre fondateur, Carl-Michael “Czral” Eides, subsistent peu de choses dans la forme, c'est que cet héritage semble au contraire profondément intériorisé, et trouve son expression dans un jeu de guitare hors du commun, construit de tensions et de dissonances, à l'instar des Français de Deathspell Omega. Le jeu du trio, âpre et sans artifices, ne tolérera hélas pas d'adhésion partielle de la part de l'auditeur qui pourra, au choix, adorer ou détester. De ce point de vue, les choses ne changent pas beaucoup pour Virus, qui se contente de poursuivre sa lancée, aussi radicale soit-elle, depuis The Black Flux, paru en 2008.

Que l'amateur se réjouisse, huit ans plus tard, les vocalises incantatoires de Czral n'ont rien perdu de leur charisme, et les transes groovy et presque dansantes dont ils ont le secret, gardent encore leur spontanéité. Disons-le, la recette tient aussi à une touche de magie, à un brin d'irrationnel, quelque chose qu'on doit expérimenter pour comprendre. Et, admettons-le également, le détracteur peut une nouvelle fois passer son chemin. Sans rancune.

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