coup de coeur
23 Mai 2016

Ihsahn

Arktis

par Ancestor

Vegard Sverre Tveitan, alias Ihsahn, est un personnage central et remarquable du metal extrême, un explorateur de terres désolées qui en repousse les limites presque à l'infini. Il forme Emperor en 1991, un groupe black de belle renommée qui mettra fin à sa discographie en 2001. Celui-ci délivrera, en guise de testament, un monument de noirceur symphonique à la physionomie progressive : Prometheus: the Discipline of Fire and Demise. Depuis, il enquille les disques solo à un rythme régulier et étend son talent sur des univers parfois très singuliers.

Depuis toujours, Ihsahn imprime une forte identité sur tout ce qu'il propose, sur tous les styles qu'il défriche. La plupart du temps, il démarre là où les autres sont déjà à fond, ce qui délivre à sa musique une intensité irrésistible et immédiate. Il aime aussi taquiner les dissonances pour insuffler des ambiances étranges, jouer avec les opposés pour éblouir ou inquiéter. Le premier titre d'Arktis, « Disassembled », en est un bel exemple : un enchainement de thèmes costauds hantés de chant black (très supportable) et d’épisodes moins agressifs en voix limpide (grand merci à Einar Solber de Leprous), qui s'achève de surcroît en une mixture magique de ces différents ingrédients. « Until I Too Dissolve » lui, s’initie par un riff de guitare bien orienté Heavy - repris par ailleurs avec entrain durant les refrains - auquel succèdent des couplets au ton nettement plus léger. De plus, au fur et à mesure que l’on avance dans l'album, les titres se complexifient, se diversifient. « South Winds » est peuplée de gimmicks électro de synthés et fait la part belle à des vocaux entrelacés. «  In The Vaults » lorgne vers la pop / prog, tandis qu’une influence classique enlumine les orchestrations du belliqueux « Presure ». « Crooked Red Line », permet au saxophone de Jorgen Munkeby (Shining) d’évoluer superbement sur fond d'arpèges un peu cafardeux ou de passages violents et dépressifs…

Ce disque est un des plus riches d'Ihsahn, et celui qui est peut-être le plus facile d'accès car somme toute assez peu extrême. Il y développe tellement de choses différentes, y propose une telle palette d'atmosphères que c’en est un sacré plaisir, autant pour les oreilles que pour l'esprit.

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