coup de coeur
16 Mai 2016

Avishai Cohen

Into The Silence

par Thierry de Haro
dans

Ne pas confondre Avishai Cohen avec Avishai Cohen. L’un est (contre)bassiste et connu dans le monde entier. L’autre est trompettiste et malgré une discographie riche de huit albums, son nom était jusqu’alors plutôt éclipsé par celui de son talentueux homonyme. Pourtant, dès le premier, paru en 2003, et intitulé The Trumpet Player, Avishai – le trompettiste - évoque non sans un certain humour sa différence instrumentale. Il faudra cependant attendre une contribution éclairée et somptueuse sur l’album Lathe Of Heaven de Mark Turner en 2014 pour attirer l’oreille de Manfred Eicher, qui l’invite alors à rejoindre son label ECM – vitrine incontournable et ô combien estimée par les aficionados du jazz. Avishai Cohen enregistre son premier disque ECM en tant que leader, l’émouvant Into The Silence évoquant les derniers jours de son père disparu.

L’album s’ouvre sur le magnifique « Life And Death », faisant ressurgir l’âme de Miles Davis. La conversation entre la trompette bouchée d’Avishai Cohen et le jeu délié de Yonathan Avishai au piano plongent d’entrée l’auditeur dans une ambiance calfeutrée par une rythmique soyeuse, entre quiétude et réflexion. Elle perdurera tout au long des six plages de cette œuvre à la fois sombre et lumineuse. « Dream Like A Child », longue pièce d’une quinzaine de minutes est symptomatique de ce paradoxe. Un titre d’une finesse et d’une richesse mélodique rares : dès le départ, après une brève présentation à la trompette, le piano prend l’espace sur fond de roulements de futs assumés par Nasheet Watts, déjà compagnon de route d’Avishai sur trois albums. La composition harmonique évoque Offering dans son discours piano-batterie et vient flirter avec le répertoire classique. Pureté et émotion traversent l’espace jusqu’à mi morceau, où le tempo s’accélère - les trois autres musiciens du quintet venant rejoindre leurs partenaires de jeu dans une ambiance un tantinet plus virevoltante ! Avec le titre éponyme, l’auditeur s’imprègne des textures émotionnelles mises en avant par Avishai et son groupe, un peu comme si l’on se retrouvait au cœur d’une toile où les couleurs apparaîtraient sous le pinceau du peintre, entraînant un défilé de sensations inattendues : l’improvisation n’est jamais bien loin tout au long des douze minutes d’un titre où le silence se teinte d’effluves nostalgiques. Et ce parfum d’antan se propage du sublime « Quiescence », cadencé par le jeu ‘métronomique’ d’Eric Revis à la contrebasse, au « Behind The Broken Glass », tout en subtilités et raffinements harmoniques.

Par sa profondeur et sa richesse, Into The Silence est une invitation à la réflexion et à l’isolement dans la pénombre d’un lieu tranquille. Ce voyage émotionnel au cœur d’une forme certaine de pureté musicale ne serait-il pas au final un appel introspectif à sonder notre propre âme ? Il ne fait aucun doute qu’avec cet album tout en nuances, Avishai Cohen nous livre les clés des portes que l’on peut ouvrir sur nos propres sentiments : une démarche inestimable …

Commentaires 

#1 broderie 17-09-2017 12:19
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