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10 Mai 2016

Opposite Day

Space Taste Race Part 2

par Jean-Philippe Haas
dans

Début 2012, on avait quitté le trio d'Austin avec un album concept inattendu et un peu fou, Reindeer Flotilla, bande son alternative du film de science-fiction Tron (celui de 1982). Le groupe n'a pas chômé depuis et a mis à disposition gratuitement sur sa page Bandcamp ses fameuses reprises de Madonna qui tournaient régulièrement en concert (un téléchargement hautement recommandé!), a publié un live bourré d'énergie intitulé Live at the Hole in the Wall et enfin un EP, Space Taste Race Part 1.

Rappel à ceux qui ont décroché ou qui viennent d'arriver : nous tenons là, depuis l'aube des années 2000, une formation totalement inclassable, resserrée (basse, batterie, guitare/chant), qui pratique un rock immédiat mais imprévisible, au son brut, un brin noise par ci, un chouilla math par là, où l'on croise fréquemment du punk, de la pop, voire du funk. Space Taste Race Part 2 est son sixième album studio et la suite du trois-titres Space Taste Race Part 1 cité plus haut. Comme d'habitude, on n'atteint jamais les cinq minutes, ce qui n'est pas gênant étant donné le nombre de choses que le groupe réussit à caser en de courtes plages. Syncopées, compactes, souvent agressives, parfois plus mesurées, la quinzaine de chansons ne laisse guère de répit. L'enchaînement « AI IOU » / « Air and Food » par exemple, concentre en une poignée de minutes toute l'essence d'Opposite Day : guitare en avant, basse ronflante, énergie punk, breaks multiples, changement de rythmes, trouvailles mélodiques... Et pourtant, à petit pas, les Texans ont fait évoluer le son qui les caractérise depuis 2003 et Economics for Mr. Ugly : on entend un piano ou un orgue par ici, quelques percussions inhabituelles par là, des titres qui « prennent le temps » de développer un thème unique, comme «  The Extent to Which Nothing is Real » ou « Fictional Astrobiology » (en référence à leur second disque Fictional Biology). Ce dernier illustre bien ladite évolution, car ce n'est pas si souvent que la guitare est ainsi mise de côté au profit du marimba et des claviers ! On trouve même un (court) solo sur « Tentacles Pull Down the Sky », c'est dire !

N'ayons pas peur de radoter et répétons-le : à l'instar de ses congénères de Stop Motion Orchestra ou Invincible Czars, Opposite Day propose une recette unique sur laquelle on n'ose pas trop mettre d'étiquette (et c'est très bien comme ça), même pas celle, galvaudée, de « progressive ». Le groupe fait ce qu'il sait brillamment faire : une musique vigoureuse, aussi simple en apparence qu'elle est complexe en réalité, et qui s'exprime probablement encore mieux sur une scène. Mais le Texas étant hors de portée, on se contentera du disque !

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