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25 Avril 2016

Zs

Xe

par Aleksandr Lézy

Sortir du cadre, expérimenter, défier les capacités du musicien comme celles de l’auditeur, Zs s’en est fait une spécialité depuis sa création en 2000. Les New-Yorkais sont passés par de nombreuses géométries mais Sam Hillmer, leur meneur et saxophone ténor, a coupé les têtes de l’hydre de manière quasiment définitive pour faire de son groupe un trio. Accompagné de Patrick Higgins à la guitare et Gregory Fox à la batterie que l’on retrouve sur pas mal de productions liées au label Thrill Jockey et notamment Liturgy, groupe expérimental passant du Black Metal à la musique électronique d’un album à l’autre, Zs nous gratifie en 2014 de l’album Xe, bouillon de culture alternative.

Zs n’est pas véritablement le groupe le plus facile à écouter de la planète, et cela dès ses débuts en 2003 avec son album éponyme. Apparenté à ce qui se nommait Brutal Prog avec des groupes comme The Flying Luttenbachers, Upsilon Acrux, Hella, Ruins ou encore Ahleuchatistas, Zs a dérivé vers une musique encore plus expérimentale que ce qu’elle n’était déjà en l’agrémentant de surcroît d’électronique.

On se retrouve alors avec des explosions sonores aussi inattendues qu’imprévues, très variables en termes d’approche et d’esthétique d’un album à l’autre. Sur Xe, chaque instrument voit sa sonorité de base modifiée à chaque instant, reconnaissable mais génétiquement refondue. Le défi est de taille, surprenant, laisse même parfois perplexe et il n’est pas évident de se retrouver dans cet exercice mettant à rude épreuve les sens de l’auditeur. Les répétitions sont de mise et permettent de ne pas être complètement perdu dans des structures aléatoires et déroutantes. Pourtant, sur les cinq morceaux de longueurs variables il y a bien un moment où tout le monde pourrait s’y retrouver : les cinq dernières minutes du disque …

Zs joue la carte de l’insolence et du contre-pied en renversant les codes et en les bousculant, tout en gardant une minime accointance avec le réel, musicalement parlant. Ecouter Zs, c’est un peu comme s’attendre à des mélodies sur du Merzbow ou essayer de danser un rock endiablé sur du Einstürzende Neubauten, c’est un non-sens ! En conséquence, il y a trop peu d’éléments convaincants ou attachants pour pouvoir apprécier pleinement l’expérimentation opérée sur Xe. A découvrir par curiosité cependant.

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