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04 Avril 2016

Dante

When We Were Beautiful

par Florent Canepa

Au sein de l’écurie-étendard de RPWL, il existe une espèce de créature monolithique qui dessine les contours d’un métal progressif cher à Dream Theater ou Symphony X. Épique et d’une autre époque (les années quatre-vingt dix), Dante peut très vite laisser penser que la formule est anecdotique. Innovation ? Hommage ? Cliché ? Voyons cela de plus près.

Dès le deuxième titre, le barbant « Ambitious », des refrains poussifs et des transitions pataudes plombent l’effort. Quelques nets points d’achoppement aussi. Les vocalises rock FM et pas toujours fines nous font entrer dans l’enfer de Dante. On retrouve un peu de Shadow Gallery dans l’ensemble (« Beautiful again », au niveau des harmonies notamment). Le manque de pulsation de la batterie en défaut de basse de soutien empêche l’envol. Il faut rendre justice (parfois) aux claviers de Markus Maichel qui fait du mieux qu’il peut pour favoriser des gargouillements LFO, des synthétiseurs rétro-futuristes ou appuyer l’ensemble d’envolées purple-iennes.

L’album Saturnine avait annoncé un avenir intéressant au combo allemand. On peut toujours leur reconnaître une véritable velléité qui consiste à s’éloigner suffisamment des maîtres du genre (les accents Billy Idol sur « Let Me Down », les inflexions floydiennes de « Finally »). Mais tout semble construit tel un château de sable qui peut prendre l’eau à chaque grosse vague et devenir finalement mou et mal ciselé aux yeux de tous. Rien n’est totalement ennuyeux (ah si ! l’insignifiante ballade piano), rien n’est fondamentalement transcendant. La pochette affreuse pseudo sexy achève de nous convaincre que le bon goût n’est pas au rendez-vous. Bienvenue en disette métal progressive.

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