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01 Avril 2016

Empirical

Connection

par Aleksandr Lézy
dans

On parle d’eux comme l’un des tout meilleurs ensembles de jazz en Europe actuellement. Ayant déjà été récompensé en 2009 notamment pour son troisième album Out ‘n’ In, hommage à Eric Dolphy, Empirical avance férocement avec Connection fraîchement paru chez Cuneiform Records. Brisant leur ligne de conduite habituelle, le quartette défend onze nouveaux morceaux (en comptant le bonus digital) sans l’aide d’invités extérieurs. On se connecte immédiatement.

Le jazz n’est plus depuis longtemps le jouet sacré et protégé des Américains. Sur le continent européen, de nombreux musiciens s’adonnent de manière aussi passionnée à cette musique foisonnante de ramifications. Le groupe anglais Empirical se fait le porte-parole du jazz des années cinquante et soixante, celui qui prend le relais du be-bop et du hard-bop, une forme d’expression plus libre où les textures et les harmonies s’émancipent des standards du genre.

Constitué d’un saxophone, d’un vibraphone, d’une contrebasse et d’une batterie, le groupe s’engage sur une route savonneuse, où les choix de solistes sont restreints. Qu’importe car il en faut plus pour intimider ces jeunes musiciens, comme Nathaniel Facey par exemple, figure principale du quartette et digne héritier de John Coltrane et Ornette Coleman. Les compositions tournent autour d’un mélange très fin de bop et de free, pas facilement décelable de prime abord. Le résultat n’est pas forcé au niveau de l’atonalité ni trop improvisé en apparence, ce qui donne un caractère élégant et raffiné à ce jazz « lounge » sur lequel chaque membre à la main mise.

En définitive, avec Connection Empirical joue sur plusieurs tableaux de hauts niveaux. Plus les écoutes s’enchaînent et plus le groupe démontre son talent et sa force à faire côtoyer les époques sans pour autant créer de dissensions chez les puristes, enfin croyons-le. Il y a de vrais moments d’osmose et d’intensité comme sur les détonants « Anxiety Society » et « The Maze » ou les relaxants « Lethe » et « It’s Out of Your Hands ». Pourtant remarquables à bien des égards, les quelques moments de folie assez consensuels et convenus dissipent la pleine admiration que l’on aurait dû ressentir. Comme quoi …

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