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31 Mars 2016

Frequency Drift

Last

par Florent Canepa

Aérien et voluptueux, profondément mélancolique, Frequency Drift nous propose aujourd’hui Last qui n’est donc pas – on l’espère – avant-coureur d’un épilogue de carrière mais bien la sixième pierre d’un édifice en devenir. Né sur les terres wagnériennes de Bayreuth en Allemagne, le groupe véhicule ce petit supplément de néoclassique, propret mais jamais pompeux. Malgré une pochette en forme de vieille photographie qui pourrait évoquer l’horreur insidieuse d’une maison hantée, l’univers général évolue sur un mode atmosphérique accessible, en mid-tempo, parfois presque rock-pop (le kate bushien « Diary »). Les photographies seront en réalité le prétexte narratif pour évoquer des souvenirs et des sensations au sein des morceaux.

La production manque un peu de relief (section rythmique en défaut d’attaque et synthés souvent usés) mais l’ensemble peut s’enorgueillir de ne pas tomber dans les clichés sur un sol pourtant maintes fois foulé par des figures respectées comme The Gathering ou Pendragon. Moins varié que son prédécesseur (les fans risquent la déception), Last perd parfois son auditeur et ne le retrouve qu’au gré de ruptures poétiques (le folk évolutif de « Shade », le gaélique « Asleep », la harpe et la flûte favorisant un nouvel arc esthétique). Mélanie Mau rappelle un peu Lynn Canfield et la dream-pop de The Moon Seven Times. Elle flatte l’exercice et le style avec des voix enchanteresses mais faiblit parfois, ne sortant que très peu du cadre (un peu de Patti Smith en toute fin d’album...). Les guitares font mouche, mais par petites touches, et on les souhaiterait plus acérées encore sur les passages appropriés.

Le tout s’écoute avec patience mais on frôle de justesse la fadeur. L’album reste à quai faute d’une armature robuste et endurante pour affronter les grandes eaux. On imagine ce qu’aurait pu donner le prometteur « Treasured » sous la houlette d’Anathema ou « Last Photo » chez Marillion. Il est dur alors de souffrir une comparaison avec les Norvégiens de White Willow, par exemple, qui évoluent dans un registre semblable. L’émotion est parfois au rendez-vous mais la note technique demeure souvent en deçà des espérances.

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