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25 Mars 2016

Pierrick Pédron

And the

par Raphaël Dugué

Après avoir réinventé la musique des Cure en 2012 avec son très réussi Kubic’s Cure, le saxophoniste français Pierrick Pédron est de retour en 2016 sur une planète inconnue du nom énigmatique de And the.

Ayant délaissé les orchestrations minimalistes qui se prêtaient parfaitement bien à la musique de Cure, le jazzman opte pour une formation plus élargie (avec guitare, claviers et section rythmique amplifiée) qui sert le propos du disque. And the s’ouvre sur un funk contemporain efficace mené par une rythmique au groove terriblement accrocheur. Les influences du jazz des années soixante-dix (Hancock) côtoient celles plus contemporaines de Battles par exemple (« Clock Road ») pour former un ensemble cohérent et agréable. Sur « Val 2 » on assiste à l’invocation voodoo du dieu Zappa qui débarque alors dans un joyeux bazar. Pédron voyage aussi dans les climats plus voluptueux ou sensuels sur lesquels ses solos font merveille. Les sonorités orientalistes et l’afrobeat viennent aussi se mêler à la fête (« Ethiop »). Parfois, la mélancolie vient pointer le bout de son nez discrètement, sans pathos.

Malgré cette abondance de références et d’influences, And the est un album qui garde une unité. Les sonorités vintages et modernes, organiques et synthétiques se marient avec subtilités. Toujours intense, la musique tellurique de Pédron s’envole parfois vers des cieux improbables. À la fois virevoltants et virtuoses sans être démonstratifs, Pédron et sa bande ont réussi le pari d’une musique à la fois immédiate et complexe. And the est une belle réussite, une de plus pour une scène jazz française en plein essor et dont Pédron est l’un des moteurs créatifs les plus importants.

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