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21 Mars 2016

Aseptic White Age

Reminiscence

par Aleksandr Lézy

Il paraît que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures. En tout état de cause, Aseptic White Age a bien compris l’adage et n’a pas mis les doigts dans n’importe quel pot ! Ce jeune groupe italien composé de six musiciens explore le metal progressif d’une manière très moderne et inventive. Reminiscence résonne très justement comme de vieux souvenirs musicaux passés remontant à la surface telles de petites pichenettes cérébrales.

Premier album de la formation, l’accent a été mis sur le côté instrumental. Complètement metal, les huit titres de Reminiscence transpirent de moments progressifs par l’importance mise sur les ambiances spatiales, la technique en dose digeste, les séquences improvisées, la présence habile du saxophone. On pense parfois aux Italiens d’Ephel Duath ou de Zu ou encore les Norvégiens de Shining. Des forces universelles s’entrechoquent dans les vastes structures de l’album, tantôt dans l’atmosphérique tantôt le chaotique. La fin sombre et dissonante de « Monolith » est monstrueuse d’efficacité et finalement assez représentative d’un pan de la musique d’Aseptic White Age, même si le groupe sait aussi faire dans la mélodie.

Ne le cachons pas, Reminiscence n’est pas vraiment un album facile d’accès mais de nombreux éléments sont admirables, car à complet contre-sens de ce qu’il se fait actuellement. La production, par exemple, retranscrit parfaitement l’énergie du groupe, dans un dédale d’improvisation et de naturel. Les seuls artifices que l’on entend sont ceux qui sont joués, un peu à l’image d’un concert. Ça sonne vrai ! Les morceaux s’imbriquent entre eux, se suivent avec beaucoup de logique et d’aplomb. Comme une histoire, les chapitres défilent pour former un tout homogène, ultra cohérent et inventif.

Avec Reminiscence, Aseptic White Age frappe un grand coup avec une musique complexe et pourtant très spontanée. Même si l’on sent clairement que certains détails devront être améliorés ou revus par la suite, il y a suffisamment d’anticonformisme et d’avant-gardisme dans ce disque pour faire rappliquer tous les amoureux d’aventure musicale dissidente et décadente. Séduit mais pas encore complètement conquis.

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