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15 Mars 2016

MILESDAVISQUINTET!

Shapin’ with

par Aleksandr Lézy

Pour celui qui se jetterait dans l’achat de ce disque à la vue du nom MILESDAVISQUINTET!, qu’il n’y ait point de confusion. Ce qui va suivre ne concerne ni Miles Davis, ni un quintet, peut-être même pas le jazz non plus. Tromperie sur la marchandise, pied de nez, humour décalé jusqu’au titre de l’album pour pasticher les Cookin’ With, Relaxin’ With, Workin’ With etSteamin’ With du Miles Davis Quintet authentique, l’excellent Sylvain Darrifourcq, accompagné de Xavier Camarasa au piano et Valentin Ceccaldi au violoncelle, démontre son incommensurable facilité à se jouer de n’importe quelles configurations artistiques et sonores.

Deux longs morceaux suffisent à convaincre du talent de ces musiciens. Pourtant, les non-initiés vont être sacrément durs à convaincre ! Ça grince, ça met des plombes à démarrer, rythmiquement c’est déglingué. Finalement, pourquoi utiliser des instruments pour faire tous ces bruits ?
Et bien, c’est cela la vie ! L’auditeur va se retrouver plongé dans la création au sens le plus pur du terme. On part de très loin pour arriver encore plus loin, sans que jamais les énergies s’amenuisent, que les idées s’appauvrissent. Dans « TAP », c’est une longue bataille rythmique contre les éléments qui se déchaînent de manière minutieuse, et dans « RUB », ce sont les jeux de frottements qui ne cessent d’envahir l’espace sonore, pour finalement s’éteindre comme un « bip » en trois lettres.

C’est un exercice périlleux et audacieux que le MILESDAVISQUINTET! met en branle avec Shapin’ With que l’on aurait aussi pu appeler Shovin’ With. Car le trio fait fi des codes et des qu’en dira-t-on pour bousculer les principes engourdis voire sclérosés des habitudes d’écoute et de jeu. C’est osé, clairement fascinant bien qu’abrupt, mais comme le disait si bien Miles Davis en personne : « N’ayez pas peur des fausses notes … ça n’existe pas ! ».

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