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11 Mars 2016

BDC La Belle

BDC La Belle

par Aleksandr Lézy

Toulouse la « ville rose » abrite en son sein le groupe BDC La Belle. Composée de pas moins de six musiciens, la jeune formation nous présente son premier album Merci Professeur, en guise d’hommage en somme. Totalement instrumentale, d’une durée de trois quarts d’heure environ, la musique de La Belle fait tourner en bourrique le jazz et le rock pour notre plus grand plaisir. Tour d’horizon de la galette, ou plutôt de la pomponette !

En ouverture, ça commence comme un gros charivari avec « 2011=1940 », la brique et la terre cuite traversent l’espace, puis dans un dédale de sons et de notes, la lumière jaillit. BDC La Belle navigue sur les eaux d’une musique fusionnant les styles mais aussi les formats de jeu, entre écriture et improvisation. L’auditeur est rapidement propulsé dans un conglomérat de textures et de sonorités abrasives, l’absorbant avec une emprise impressionnante. Le groupe maîtrise les nuances, les harmonies et les ambiances avec intelligence et n’a de cesse de malaxer les fréquences pour créer du sens.
Avec l’apport d’une trompette et de saxophones, BDC La Belle se fraye une brèche sur les voies impénétrables de Miles Davis et sa période « Bitches Brew ». C’est difficile à expliquer mais Merci Professeur est un disque habité par quelques grands esprits et dégage une aura particulière presque punk avec son électricité trépidante et détachée de toute prétention dans sa manière de jouer. Les claviers ou plutôt synthétiseurs ajoutent cette pincée d’irrévérence comme pour faire un pied de nez au jazz traditionnel, avec des sons clairement Nintendo que l’on retrouve chez des groupes comme Horse the Band ou Hella. La guitare bosse sur tous les niveaux de jeu : accompagnement, solo (pour le moins brillant) sur « Deuxième Fonction » et expérimentations.

Il se passe quelque chose de très particulier avec BDC La Belle, même lorsqu’il montre son côté bête. A l’écoute de Merci Professeur, l’on ressent une sincérité presque innocente comme si rien n’était prémédité, comme si tout était le fruit du hasard et que seul le plaisir de jouer comptait, jusque dans la production ultra naturelle, sans fioriture ni mauvais raccord. C’est donc un premier album attachant et fort réussi, même s’il s’adresse à un public restreint.

BDC La Belle est l’exemple parfait du groupe, qui naturellement fusionne sans manières le rock excité et le jazz. Merci Professeur coule de source pour un plaisir immédiat et sans anicroches.

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