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02 Mars 2016

Headspace

All That You Fear Is Gone

par Florent Canepa

Fates Warning a fait des émules, le tout est donc de séparer le talent de l’anecdotique. Le moins que l’on puisse dire, en tout état de cause, c’est que Headspace n’est pas le plus prolixe des groupes de métal progressif. Quatre ans après I am anonymous, et près de dix ans après leur formation, revoici les Anglais sur le devant de la scène. Il ne faudrait pas les blâmer pour autant au vu de leurs agendas. Car, pour ceux qui ne les connaissent pas, on a plus affaire ici à un projet annexe dans lequel on retrouve la voix de Threshold, Damian Wilson (groupe qui, lui, jouit d’une régularité chez Inside Out et désormais chez Nuclear Blast) et du clavier (mais pas que) de Ozzy Osbourne, Adam Wakeman. Vous l’aurez compris au dernier patronyme donc, un groupe sur lequel souffle également le vent de la transmission. Ce n’est peut-être pas par hasard que l’on retrouve ainsi un peu des harmonies de Jon Anderson chez Damian Wilson (« Kill You With Kindness »), même si l’esprit de Geoff Tate est plus prégnant sur les envolées.

Avec tout ce pedigree, on pourrait espérer le meilleur ou craindre le pire mais en réalité la vérité est ailleurs... Dès « Polluted Alcohol » (et à nouveau sur le morceau titre), les grosses machines huilées du métal prog laissent place à des émotions tout en slide et en acoustique que l’on imagine plutôt chez Led Zeppelin. L’occasion de découvrir l’éventail de Pete Rinaldi, unique guitariste de la formation. Le gros point fort de Headspace est de ne pas faire de choix entre le progressif sautillant hérité de l’école anglaise et du psychédélisme et les aspects plus métalliques et tranchants que l’on ressent à l’écoute des géants Outre-Atlantique comme Symphony X. C’est ce qui rend l’écoute de Headspace intéressante et interactive. De même, entre majeur et mineur, le cœur balance au sein même des morceaux. Adam s’inspire de Papa mais pas seulement. Il puise chez Mark Kelly ou dans l’incisif de Michael Pinnella ou le stellaire de Lucassen comme le fait, à sa manière, Martin Heldin chez Andromeda. Il ne choisit pas non plus entre piano et claviers et laisse toutes portes ouvertes.

Le groupe lui-même oscille entre formats courts et longs. La pièce centrale de treize minutes (« The Science Within Us ») tient plutôt bien debout. On y retrouve le goût du chanteur pour la narration comme il en avait l’habitude avec Star One. Les phrases astrales puis symphoniques du claviériste s’y expriment pleinement et répondent aux riffs parfois convenus mais percutants. On pardonnera d’ailleurs les aspects plus banals ou entendus (« Semaphore » ou le dernier et long morceau) car il existe toujours un petit élément de surprise, un rebondissement, un accent mélodique qui fait mouche. Certains trouveront Damian Wilson trop maniéré ou ne supporteront pas l’entre-deux-styles. Les autres se délecteront de ces soixante-dix minutes de générosité progressive. Les pieds sur terre et la tête dans l’espace.

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