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25 Février 2016

The Watershed

Inhale/Exhale

par Raphaël Dugué

Fondé par des musiciens de la scène jazz contemporaine, le jeune groupe français The Watershed, dont le nom fait référence à la ligne du partage des eaux, vient de sortir son premier album Inhale/Exhale. Les quatre musiciens ont enregistré le disque en une session d’improvisation ; cependant il y a fort à parier que les idées de base des morceaux aient été précédemment travaillées et qu’il y ait eu un travail de montage en studio. Il en résulte une musique relativement structurée, sur laquelle les musiciens progressent avec habileté comme sur « Peter Hot Father » et son solo qui rappelle les meilleures heures de Robert Fripp. Le disque s’ouvre sur le rythme destructuré du morceau éponyme qui plonge ses auditeurs dans un certain chaos, avant de montrer, par la suite, une facette plus délicate.

Sur un canevas rythmique tantôt extatique (« Watershed »), tantôt calme, la musique se développe par touches pointillistes au saxophone, à la guitare et aux claviers. The Watershed alterne les ambiances embrumées d’un jazz de chambre impressionniste (« Pas de deux ») avec des moments plus en tension (« Inhale/Exhale »). Si Watershed sait créer des lignes mélodiques identifiables, le groupe est tout aussi inspiré par les musiques répétitives et minimalistes ou les moments plus expérimentaux et, tout au long du disque, les Français jouent sur les climats.

Le quartet donne cependant parfois l’impression de s’éparpiller et de manquer d’une direction claire. C’est dommage car lorsqu’il parvient à resserrer son propos, la musique gagne en intensité (« Fat Bun »). Ce premier album augure donc d’un bel avenir, si le groupe arrive à aller au delà de ses quelques défauts de jeunesse.

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