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18 Janvier 2016

Atmospheres

The Departure

par Florent Canepa

En avant la Belgique ! Et non, le plat pays ne fait pas parler de lui que dans les actualités télévisuelles récentes tristement célèbres. Il est aussi et souvent annonciateur de jeunes pousses voire de prodiges rock et ce, dans les registres musicaux les plus variés, ici entre djent et ambient. Mais il serait sans doute trop réducteur de qualifier ainsi les bien nommés Atmospheres, en activité depuis près de cinq ans, en particulier concernant ce nouvel arrivage qui navigue finalement plus en terres post-rock et progressives.

Le quartette a décidé de mettre l’auditeur sur orbite en l’invitant à un voyage cosmique à la recherche d’une exoplanète aux mêmes capacités d’accueil ou ressources que la Terre qui, elle, est naturellement en phase d’extinction. Un scénario noir qui est finalement aujourd’hui plus de l’ordre de l’hypothèse que de la science-fiction. La force de The Departure est ce bon équilibre entre une vision instrumentale très accessible (pas de formulations trop ampoulées ou cassures de rythmes intempestives familières du genre), et des structures vocales sobres et moins aguicheuses que chez les voisins de Textures ou Animals As Leaders outre Atlantique.

Ce qui emporte l’adhésion immédiatement, c’est l’autoproduction enveloppante de qualité avec mention spéciale à la section rythmique aux basses frappantes et irradiantes, et la batterie qui syncope en profondeur dès le premier titre. On a franchi une étape en termes de densité de son au regard de la précédente livraison éponyme. La bande menée par le guitariste Stef Exelmans flirte même avec la musique de film ou les inspirations proprement stellaires au gré d’éléments plus lents et aériens, parfois enrichis de piano vaporeux (en apesanteur sur « Void » et « Laniakea »).

Ça c’est pour la face éthérée, mais la majorité des compositions est tout de même métallique et organique avec, au choix pour les guitares, supplément d’air ou supplément de graisse selon les ambiances. Pour l’aspect plus brut, préférez par exemple « Into Orbit » ou « The Farthest Star » qui rappellent l’épaisseur de Jerry Cantrell ou Karnivool. La petite défaillance du vaisseau spatial est finalement la somme de ses parties qui révèle de vraies réussites (le puissant « The Arrival », comme une apogée astrale) et met a contrario en lumière (ou en ombre justement) les éléments un peu plus insignifiants. On demande quand même à visiter cette planète sur laquelle, nous en sommes déjà certains, une nouvelle forme de vie est possible.

Commentaires 

#1 frankex 19-01-2016 19:58
Great stuff , nice comment !
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