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06 Janvier 2016

Theo Travis' Double Talk

Transgression

par Jean-Philippe Haas

Collaborateur régulier de Steven Wilson, Theo Travis est l'un des saxophonistes britanniques les plus en vue de ces dernières années. Ses participations à divers projets sont innombrables, il serait donc vain de vouloir en dresser une liste exhaustive. Pour ce qui nous concerne, on se contentera de citer David Gilmour, Gong, Robert Fripp, Soft Machine Legacy ou encore The Tangent. Son nouveau disque Transgression est selon ses propres mots, un album instrumental, bluesy, de jazz progressif.

C'est sans surprise qu'on y retrouve une partie de la clique de Wilson, à commencer par ce dernier lui-même, au mixage et au mastering, mais aussi le batteur Nic France et le guitariste Mike Outram. Les compositions originales sont accompagnées de quelques reprises comme « A Place In The Queue », figurant sur l'album éponyme de The Tangent, et « Maryan » de Robert Wyatt (tirée de Shleep, 1997), dans une version plutôt bucolique.

Travis déploie son catalogue d'influences, mais c'est clairement lorsqu'il évolue dans le jazz à tendance prog ou fusion qu'il semble le plus à son aise. Ainsi, « Fire Mountain » évoque parfois la pyrotechnie instrumentale de Niacin, tandis que le morceau-titre et « A Place In The Queue » font feu de tout bois en passant allègrement d'un genre à un autre. De larges aires de liberté sont laissées aux musiciens pour s'exprimer individuellement, en particulier à Mike Outram.

Malgré le pedigree des membres de cette fine équipe, tout n'est pas de haute volée cependant, tel ce « Smokin' at Klooks » un peu suranné ou ce « Song for Samuel » sans grand relief. Trop déséquilibré, peut-être, ou trop peu aventureux, Transgression ratisse large, comme on dit, et il n'est pas certain qu'il remporte l'adhésion du plus grand nombre, même si les admirateurs de Travis y trouveront sans nul doute leur compte

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