coup de coeur
03 Décembre 2015

Zeus!

Motomonotono

par Aleksandr Lézy
dans

Pour des ancêtres de Romains, aller chercher un nom de dieu grec n’a pas dû être chose facile. Les deux Italiens poilus et barbus de Zeus! se sont vraisemblablement crus tout droit sortis de la cuisse de Jupiter. Avec Motomonotono, troisième album du combo qui ne semble pas vouloir changer sa formule, il semblerait que l’on tienne la clef de plusieurs paradoxes.

Par exemple, Zeus! pratique un rock burné, si, si, vraiment burné … est-ce ça, le metal, comme ils disent ? L’ambiance y est malsaine, voire dérangeante parfois. On ne fait pas dans la dentelle de Burano par ici ni dans le verre de Murano, trop fragile ! L’alliance de violence décapante et de subtile musicalité brute créée par Luca Cavina à la basse et Paolo Mongardi à la batterie fait de Motomonotono, que l’on pourrait traduire succinctement par « mouvement monotone », un album ultra intéressant et revigorant par cette saison froide.
Basé sur la symbiose entre les deux instruments rythmiques d’un groupe lambda de musique actuelle, l’accent est mis sur les révolutions polyrythmiques, l’agressivité des sons et l’impulsivité des déferlements de notes. Un tel remplissage d’espace à deux sans retouches est assez phénoménal. Pour la basse, la tâche est d’autant plus difficile qu’elle joue un double rôle grâce à des effets surréalistes déclenchés aux pieds en temps réel. Sur certains morceaux, de rares hurlements sont poussés en signe de cris de guerre.


Parlons de math rock noise et non de metal, pour l’œuvre de ce groupe hallucinant, même si on pense aux Suédois de Meshuggah, sans les guitares parfois. Motomonotono est tout sauf monotone, bien au contraire. Zeus! ne laisse aucun répit à l’auditeur et même dans les moments de relâche, le tient en éveil et pleine écoute, comme sur le dernier et long morceau « Phase Terminale ». Cet album est une réussite et un véritable coup de cœur comme l’avait été Zeus! en 2010. Immanquable !

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