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27 Novembre 2015

Ángel Ontalva

Tierra Quemada

par Jean-Philippe Haas
dans

Guitariste en chef d'October Equus, Ángel Ontalva a également quelques disques en solo derrière lui. Le dernier en date, Tierra Quemada (« Terre brûlée »), n'est toutefois pas un énième exercice solitaire : l'Espagnol n'a sollicité pas moins de sept musiciens pour donner à cet album tout en nuances une belle épaisseur, mariant jazz, musiques du monde, rock in opposition et improvisations.

« Tarlaya Ektim Sogan », son rythme chaloupé et ses mélodies arabisantes, initie un voyage au cours duquel on découvre toute la diversité des influences du guitariste. Melodica, saxophone, clarinette, violoncelle, vielle à roue et duduk participent au chatoiement des huit titres de cette belle collection. Les passages improvisés, suffisamment bien intégrés pour ne pas être vains, sont souvent le terrain d'expression de ces instruments atypiques, comme sur « Cobra Trap », « Ugetsu » ou la seconde partie de « No Return ». Ces compositions un tantinet plus longues - entre sept et neuf minutes quand les autres ne dépassent que rarement les quatre - offrent davantage d'espace de liberté et permettent de développer des ambiances plus travaillées. Cette alternance de pistes respirantes et de titres immédiats comme « Tierra Quemada » procure une dynamique d'autant plus efficace que l'ensemble possède également une remarquable capacité d'évocation, à l'image de « Comanche » ou d' « El Telele », qui trouveraient aisément leur place sur la bande originale d'un film d'aventures dépaysant, un peu à la façon d'Atomic Ape.

Au-delà du talent qu'on reconnaissait déjà depuis longtemps à Ángel Ontalva au sein d'October Equus, Tierra Quemada est un magnifique album solo un brin vintage qui devrait conduire les adeptes du RIO et ceux du jazz à s'installer à la même table pour trinquer en toute amitié.

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