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26 Novembre 2015

Dumbsaint

Panorama, in ten pieces

par Florent Canepa

Noir, lourd et dense, Dumbsaint sait cultiver les ambiances et projections sonores pour créer des climats oppressants ou relaxants, et toujours insidieux. La musique de Dumbsaint est faite pour être entendue sur pellicule. L’écho n’est jamais loin comme le rappelle ce panorama instrumental en dix actes qui prouve que le post-rock peut se conjuguer de plusieurs façons, sans lasser.

Plusieurs éléments sont à retenir pour délivrer une décoction réussie. Tout d’abord, le spectre sonore se veut toujours volumineux. Pas de compromis sur les basses et sur l’accentuation des saturations (le début de « (Partition) », lourdissime), et ce dès le départ pour donner le la (ou plutôt le ré...). Ici, rien n’est vaporeux, tout est incisif. Ensuite, ne jamais rechigner à fédérer dans la brutalité. Ici, nous sommes plus baignés dans les riffs agressifs de Porcupine Tree sur In Absentia que dans les mélopées alternatives de Mogwai. L’esprit metal s’immisce dans tous les recoins. Enfin, ne pas hésiter à faire rimer mélodie et force vive pour créer la dualité, l’alternance parfaite. « Love thy neighbor » l’illustre parfaitement, enchaînant les carrefours entre nervosité et repos mérité.

Vampirisant parfois Tool (« Cold Call », le premier single, et ses riffs et roulements qui s’empilent), les Australiens ne ressemblent cependant à personne car ils ont bien trop peur de se faire enfermer, comme cette femme sur la pochette qui regarde par la fenêtre. Ils jonglent alors entre plusieurs chapelles, comme pouvait le faire en son temps Oceansize. Quand Dumbsaint frôle la noise (« Long Dissolve/Temps mort »), c’est pour finalement faire du Ride sous créatine. Quand il frôle l’ambient, c’est pour éviter d’être soporifique mais toujours cinématique. Cohérent (presque trop ?), Dumbsaint donne du relief à des terres souvent arides. Comme une plante incongrue poussant sur le bush.

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