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18 Novembre 2015

Kinetic Element

Travelog

par Elisabeth Parnaudeau

Bien qu’ils aient une discographie restreinte de seulement deux albums, les Américains de Kinetic Element se sont déjà taillé une petite réputation solide dans le monde du progressif. Ils ont beaucoup tourné dans leur pays d’origine, avec Mörglbl et Circa par exemple, et ouvert le festival nord-américain Prog Day en 2008.

Six ans après Powered by light, Kinetic Element propose un nouvel album, Travelog, qui devrait titiller agréablement les oreilles des amateurs de progressif à la Genesis, Emerson Lake and Palmer, Yes, Alan Parsons Project… pour ne citer qu’eux. L’album, composé de cinq morceaux seulement, s’ouvre et s’achève par deux pièces consistantes de vingt minutes chacune, « War » et « Vision of a New Dawn ». Mené par le claviériste et fondateur du groupe Mike Visaggio, Kinetic Element propose un rock progressif très influencé par les années soixante-dix, d’un grand classicisme, si l’on peut parler de ce courant musical en ces termes. Les introductions sont longuement développées et soignées, comme sur « Vision of a New Dawn » avec ses envolées de piano, ou « Into the Lair » avec sa basse lancinante et ses chœurs planants. Changements de rythme réguliers, influences jazz et claviers en tout genre sont au menu, comme on peut s’y attendre sur un album se revendiquant de l’école seventies.

C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait reprocher à Travelog : bien qu’il soit de très bonne facture, il ne présente rien de bien nouveau sous le soleil. Il coche toutes les cases attendues, comme un élève appliqué rédigerait une dissertation sans faute mais sans fulgurance. Il serait cependant injuste de ne pas relever que certains passages sont remarquables et fort beaux, comme la guitare acoustique hispanisante sur « Vision of a New Dawn » et les flûtes romantiques sur « Travelog ». Notons également que Mike Visaggio et ses comparses ont fait appel à un chanteur différent pour chaque morceau, ce qui apporte une touche de diversité bienvenue : Dimetrius LaFavors (Odin’s Court) dynamise le morceau éponyme et Michelle Schrotz (Brave) vient nous caresser agréablement les oreilles sur « Into the Lair ».

Travelog est donc un bon album, bien produit, qui vaut la peine qu’on s’y penche mais qui risque, hélas, de prendre la poussière sur les étagères après quelques écoutes. Il reste donc à souhaiter que Kinetic Element défende plus son identité propre sur un prochain album : ils en ont le talent et les moyens. Ils pourraient ainsi vraiment se démarquer et prendre leur envol, et c’est tout le mal qu’on leur souhaite !

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