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15 Novembre 2015

Shining

International Blackjazz Society

par Raphaël Dugué

Le groupe norvégien Shining qui avait débuté dans le jazz expérimental il y a quinze ans continue de s’imposer petit à petit dans le paysage du metal. Au fil des albums, les Norvégiens avaient peu à peu incorporé le metal jusqu’à ce qu’il devienne l’ingrédient essentiel de leur musique. Cette inclusion progressive a permis de rendre la musique plus accessible. Avec One One One (2013), il semblait pourtant que le groupe avait atteint les limites du blackjazz, genre qu’ils avaient créé eux mêmes avec l’album éponyme sorti en 2011. One One One était en effet plus rapide, plus agressif, plus direct tout en gardant une certaine complexité, mais il était difficile pour Shining de continuer dans une veine encore plus métal qu’il ne l’avait déjà fait par le passé.

Avec son titre, International Blackjazz Society, montre déjà qu’il continuera à marcher dans les pas de ses prédécesseurs et la première piste de l’album, un déluge de saxophone torturé et de rythmiques tourmentés, prouve clairement qu’il évolue dans le même territoire. Le deuxième titre, cependant, se démarque par un rythme plus lent et la présence d’une guitare surf rock, quelque chose de nouveau pour le groupe. Il donne le ton d’International Blackjazz Society : un album dans la lignée de ses prédécesseurs qui innove toutefois à la marge. Le morceau instrumental « House of Warship » est un bon exemple de cette direction ; il s’agit d’un maelstrom chaotique sur lequel le saxophone de Jørgen Munkeby évoque King Crimson, John Coltrane ou John Zorn. Le morceau suivant, « House of Control », est certainement le sommet de l’album; sur un rythme lent, entre intimisme et énergie, le groupe dévoile un surprenant versant émotionnel jamais encore aperçu chez les Scandinaves où les synthétiseurs symphoniques apportent un sentiment mélancolique. Le reste de l’album est dans la continuité des précédents, avec une rythmique écrasante, des riffs agressifs et des mélodies toujours accrocheuses. Le chant de Munkeby a gagné en diversité et se fait parfois plus sensible pour trancher avec le chant hurlé. La production est dense sans être étouffante. En dépit de ses qualités, International Blackjazz Society est un plaisir trop court; après à peine trente-huit minutes, la fin du disque arrive comme une déception. Mais c’est peut être le prix à payer pour que les musiciens expriment ce sentiment d’urgence qui irradie l’album.

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