coup de coeur
12 Novembre 2015

The Dear Hunter

Act IV: Rebirth in Reprise

par Alexandre Gombaud-Saintonge
dans

The Dear Hunter est un groupe ambitieux et prolifique. Originaire de Providence dans le Rhode Island et menée par Casey Cresenzo, cette formation a habitué son public à des productions de très belle facture. La série Act, véritable opéra rock contant la naissance, la vie et le décès d’un garçon du début du XXème siècle, en est l’emblème le plus flamboyant. Aujourd’hui, un chapitre supplémentaire vient compléter l’histoire de The Dear Hunter : Act IV: Rebirth in Reprise. La bande à Cresenzo a-t-elle su garder sa constance et son irréprochabilité ?

Renaissance en chœurs et fanfare ; c’est ainsi que débute ce quatrième acte. « Rebirth  » est une introduction splendide rappelant l’apogée symphonique de Queen tout en préservant la patte reconnaissable de The Dear Hunter. Le ton de ce nouvel album est donné : grandiose et dramatique. La chanson suivante, « The Old Haunt », permet quant à elle de se réapproprier le fil narratif : « far too many ways to die » scande notre héros ! A mesure que progresse cet arc, nous découvrons, d’une part, quelques références discrètes aux anciennes œuvres du groupe. La transmutation de « The Squeaky Wheel », à partir d’un extrait des paroles de « Smiling Swine » sur Act II, en chanson à part entière en est un exemple parmi d’autres. D’autre part, nous nous apercevons que le virage pop rock entamé avec Migrant, est désormais totalement affirmé. S’agit-il pour autant d’une régression ?

Oui, vous répondront les plus dogmatiques. Et pourtant, cet album fait écho à l’essence même du rock progressif. Un melting-pot éclectique, aussi bien sur le fond que sur la forme. En effet, Act IV: Rebirth in Reprise est un concentré d’influences musicales diverses. Le rock, nécessairement, puisque pilier structurel, est présent dans la quasi-totalité des morceaux. De nombreuses influences de musique classique et de jazz sont disséminées au travers de cette œuvre, à commencer par la présence d’un orchestre venant ponctuer ces pièces d’une atmosphère mélodramatique. A titre d’exemple, « A Night on the Town », servie par un subtil arrangement, nous transporte vers la catharsis. L’auditeur a ici la sensation d’assister à une pièce de théâtre dans laquelle chaque personnage se succède dans un ordre logique, donnant ainsi vie à l’œuvre. The Dear Hunter nous gratifie même d’une réactualisation du disco avec « King of Swords ». Tandis que certains la trouveront pédante, d’autres en feront un excellent prétexte pour danser.

Act IV: Rebirth in Reprise est plus lumineux que ses prédécesseurs. Sa pop étincelante ne trahit pas une triviale tactique commerciale mais offre à l’auditeur l’occasion de se rafraîchir après une discographie déjà bien fournie. Aussi, son atmosphère résulte de six années d’expérimentations depuis le troisième acte. The Color Spectrum, synesthésie musicale des couleurs de l’arc-en-ciel parue en 2011, aura notamment contribué à faire progresser la musique de The Dear Hunter. Act IV: Rebirth in Reprise est la convergence de ces couleurs, générant ainsi une œuvre brillante.

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