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05 Novembre 2015

Hands

Caviar Bobsled

par CHFAB

La main dans l’caviar !…
Qui connaît aujourd’hui le parcours de ce collectif américain à l’esprit résolument britannique, doté d’un unique album au titre éponyme de Hands ? D’abord orienté jazz rock sous le nom de Prism durant les années soixante-dix, il est devenu éminemment progressif, symphonique folk de surcroît. Ce véritable joyau est pourtant passé inaperçu pendant bien longtemps pour ressortir miraculeusement des limbes vingt ans plus tard, en version augmentée d’autres titres de l’époque. Magie du temps, excellence, ténacité et évolution des moyens techniques ont permis ce sauvetage inespéré. Sa découverte s’avère désormais indispensable, malgré sa confidentialité, hélas ! Comment en effet a-t-on pu passer à côté d’un tel brio, d’un tel niveau instrumental et vocal, d’une telle inspiration, dont les influences éclatantes - Gentle Giant, Jethro Tull, Happy The Man, Kansas (n’en jetez plus !) - ont produit un répertoire si magistral en 1977 ? Pas moins d’une quinzaine de musiciens avaient contribué à cette merveille, tutoyant aisément les plus grands noms de l’âge d’or. Il n’en n’a pas fallu plus pour relancer une carrière, après une nouvelle pelletée de trésors oubliés (Palm Mystery) et un renouvellement des membres pour deux albums d’un style plus contemporain cette fois-ci, dont le très acclamé Strangelet en 2008. Qui l’a su, cependant ? Ce cinquième effort permettra donc une nouvelle fois de rendre justice à ce groupe formidable mais toujours aussi peu connu.

Caviar Bobsled ne compte plus que son guitariste multi-instrumentiste d’origine, Ernie Myers, responsable de la totalité des compositions (treize en tout). Sept musiciens ont participé à l’album, contribuant à maintenir la richesse sonore et l’aspect chatoyant de la musique. On y retrouve la même teneur folk, grâce aux guitares, mélodieuses, parfois incisives, ou habiles. La pulsion rock est plus sous-jacente, la fougue et la virtuosité des débuts n’étant plus tout à fait d’actualité. Les tempos ont ralenti un tant soit peu, et les titres ont gagné en calme ou en majesté ce qu’ils ont perdu en folie, en densité. Idem pour les séquences instrumentales, moins mises en avant, bien que souvent superbes. Les compositions se sont simplifiées mais ont su globalement conserver tout leur charme. C’est que l’album est très largement chanté, par Myers lui-même, avec un filet de voix sans chichi, direct, honnête, évoquant plutôt Steve Hackett finalement, laissant entendre la mélodie plus que la voix elle-même. Ce n’est donc pas un chanteur lyrique, autant le dire tout de suite. En plus de la guitare, le violoncelle est souvent présent, ainsi que les bois et la flûte, donnant cette couleur si particulièrement chaleureuse et seventies. Ces instruments ne sont plus guère employés, le metal symphonique et autre post-rock dominant très largement depuis quelques temps, ce qui est un peu regrettable, dans le paysage progressif du moins. Ici, le climat est totalement autre : il s’agit plus de renouer avec les réjouissances d’un Jethro Tull en très grande forme que d’aligner riffs sur riffs plombés et vocaux pompiers. Comme le Chapman Stick, la Warr guitare apparaît régulièrement entre les doigts experts de Mark Cook (Herd Of Instinct, Spoke Of Shadows), conférant à quelques pièces une atmosphère hypnotique et envoûtante, toute « crimsonienne », période nineties. Les claviers par contre sont assez discrets dans l’ensemble.

Le brio de ce disque apparaît de manière moins immédiate peut-être, la claque étant moins cinglante d’emblée, les harmonies moins foisonnantes, comparées à ce que Hands a déjà produit. L’ensemble se révèle plus gratifiant au fil des écoutes. Les arrangements sont réussis, et c’est peut-être là le grand talent de cette musique : le sens du détail, de l’équilibre, de la construction, du développement. Un bémol, cependant, pour les plus retors d’entre nous : la batterie. Un peu basique, un peu paresseuse, un peu trop produite peut être, et assez typée FM années quatre-vingts, ce qui tranche avec la fraîcheur et la subtilité du reste. On pourra également reprocher à cet album une durée excessive, au repère de quelques pièces mineures, avec une unité de ton et de tempo un poil monolithiques. La discographie du groupe, assez sporadique, explique, en partie sans doute, l’envie d’offrir un maximum de matériel à chaque parution. C’est compréhensible, mais peut-être pas nécessaire. Ceci dit, il s’agira là de menus détails pour beaucoup d’entre nous, le talent environnant vraiment ce disque.

Pour les plus réticents, Caviar Bobsled s’avèrera au moins une vraie belle entrée en matière dans la musique aux promesses si exceptionnelles de Hands. Pour les autres, ce sera une surprise, bourrée de charme et de finesse. Pour les fans, une réjouissance de voir un cadeau se prolonger. Pour les amoureux fous du tout premier album, un effort louable rappelant parfois le génie passé. Si seulement ce disque pouvait permettre à la plupart d’entre nous de connaître et explorer ce groupe… Disons-le tout net : Hands est l’un des secrets les mieux gardés du prog ! Souhaitons qu’il n’en soit plus ainsi !

Commentaires 

#1 Claudette 31-03-2017 23:44
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