:(
20 Octobre 2015

Battles

La Di Da Di

par Raphaël Dugué
dans

Avril 2015, le groupe Battles est de retour à Paris pour leur premier concert depuis 2013, malheureusement le groupe n’est pas encore assez en place, il rode toujours ses morceaux et, pour couronner le tout, les balances ne sont pas à la hauteur. Les spectateurs présents à La Villette ce soir là se sont tous demandés si cette performance était le signe d’un possible déclin du groupe américain. La réponse est arrivée quelques mois plus tard avec un disque au titre énigmatique, La Di Da Di.

Après deux albums convaincants, le groupe phare du math-rock se lance dans un troisième totalement instrumental. Fini les délires de Tyondai Braxton et la « Schtroumpf Party » de Mirorred, fini les invités de prestige de Gloss Drop, c’est en trio que les New Yorkais enregistrent leur album. Malheureusement pour eux, c’est le début des ennuis car sans l’apport du chant, c’est l’ensemble de l’album qui manque de diversité. Il devient un continuum duquel il est difficile de retenir quoi que ce soit. Cependant les morceaux les plus réussis de Gloss Drop étaient eux aussi instrumentaux (« Africastle », « Futura »), mais le groupe ne parvient pas à renouveler cette réussite. Le titre d’ouverture, « The Yabba » en est un parfait exemple : les trois musiciens ne créent aucune tension comme sur « Africastle », les répétitions, au lieu d’être hypnotiques comme sur « Futura », sont agaçantes et donnent l’impression que le groupe ne sait pas où aller. Ce manque d’une direction claire est flagrant sur l’ensemble de l’album. Certains des morceaux les plus courts (« Cacio e Pepe », « Tyne Wear ») contiennent de bonnes idées mais ils ne sont pas assez développés devenant, de ce fait, des sortes d’hybrides entre véritables compositions et interludes. De l’autre côté du spectre, certains morceaux longs sont construits autour de gimmicks tellement simplistes qu’ils ressemblent plus à d’interminables jams sessions (« Megatouch », « Luu Le »). La Di Da Di manque de moments mémorables, le son du groupe est toujours là mais cette intensité et cette créativité présentes sur les albums précédents ont disparu.

Le bassiste Dave Konopka a déclaré que la pochette de l’album (qu’il a lui-même créé) représente le processus de création du groupe qu’il qualifie de moche. Il est assez révélateur que cette image représente l’album fini (et le fait à merveille). La Di Da Di n’est en effet pas encore terminé, il contient peut-être de bonnes idées qui, mises ensembles, ne fonctionnent tout simplement pas.

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir