coup de coeur
05 Octobre 2015

Ghost

Meliora

par Florent Canepa

Quelle irrésistible ascension que celle vécue par Ghost (ex-Ghost BC). Quasi inconnus il y a quelques années, les voici aujourd’hui portés au pinacle (c’est le cas de le dire) de l’architecture rock contemporaine et sillonnant les routes pour porter la pas-si-bonne parole à qui veut bien les entendre. Il faut dire que Ghost, c’est avant tout un show, une messe noire, un refuge rock pour païens. Imaginez un chanteur grimé en pontife maléfique et des goules ou musiciens masqués comme dans Eyes Wide Shut et vous comprendrez pourquoi les spectaculaires Suédois ont réussi à se forger un nom dans un monde musical où la mise en scène est parfois oubliée. Ghost se la joue finalement un peu Alice Cooper des années Instagram.

La recette sonore de ce clergé d’un nouvel âge est assez fine malgré les apparences et aurait pu échapper à ces colonnes si elle ne possédait pas ce petit plus qui brouille les pistes. Meliora, nouveau rituel, enfonce le clou et donne un sur-croix de références. Tantôt FM et accessible, le plus souvent lourde et noire comme le Sabbath, rayée de quelques pointes progressives et AOR, la liturgie fait voyager l’auditeur en terrain connu tout en lui insufflant des surprises sous les traits d’une production stupéfiante. Grandiloquent comme le veut la tradition (« Spirit »), elle fait rouler des orgues à la Deep Purple, marque l’offense à renfort de tritons et provoque un coupable plaisir dont la quintessence est peut-être le single « Cirice » aux couplets corpulents et aux refrains glam.

C’est peu dire que Ghost est LA révélation métal de ces dernières années. Et ce qui pourrait passer comme un vulgaire sticker-argument de vente sur un CD prend tout son sens à l’écoute des dix titres qui se succèdent. Les riffs acérés et rythmiques nerveuses cisèlent un pentagramme occulte (« From the pinacle to the pit »). Une ballade seventies mélodique calme le jeu en beauté semi acoustique (« He is »). Des accents celtiques montent en épingle une chevauchée comme Iron Maiden savait (sait encore ?) pratiquer(« Majesty »). Un cantique ou deux plus tard (les hymniques et cathartiques « Absolution » et « Deus In Absentia ») et nous voici déjà au terme d’un album qui ne souffre d’aucune faiblesse.

C’est suffisamment inédit et inspirant pour être noté, souligné, sanctifié. Amen.

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