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30 Septembre 2015

thisquietarmy

Anthems for Catharsis

par Florent Canepa

Des profondeurs de l’enfer émerge thisquietarmy, entre industriel apocalyptique et post-rock drone. Le cataclysme vient de Montréal et s’est lancé le pari de garder l’auditeur captif durant les six titres plaintifs qui composent Anthems for Catharsis. Exclusivement instrumentale et foncièrement expérimentale, l’armée est en réalité composée d’un seul combattant, Eric Quach, mais la lutte est productive puisqu’elle compte à ce jour pas moins de trente sorties différentes et sous diverses formes.

Nuées de guitares saturées (l’instrument phare), batteries à l’écho catacombes, répétitions hypnotiques, tels sont les ingrédients qui composent les textures de cette monochromie. Il ne faut en effet pas chercher beaucoup de lumière au sein de cette catharsis auditive : « Closure », titre final sinusoïdal, sans batterie, enfonce le clou. Bien plus fuzz que Godspeed You! Black Emperor, plus ambient que Sunn O))) ou Earth, Eric Quach est à classer du côté des nihilistes. Il rompt avec les précédentes collaborations pour promouvoir son bréviaire personnel du lugubre. On se plaît à y déguster certaines effusions (la fin de « From Darkness Redux », comme si Fields of the Nefilim avait le bourdon) tout en regrettant l’aspect linéaire qui rend l’approche moins radicale.

Le précèdent opus révélait une suite de morceaux exécutés en live ce qui donnait une saveur particulière ici absente, eu égard à la pure configuration studio. Les dolents enchaînements sont parfois un peu fades. Alors que l’on appréciait les clins d’œil au style shoegaze, il faudra ici se contenter de quelque chose d’assez authentique mais au final trop cyclique. L’angoisse y est distillée et reste accessible mais l’œuvre est avant tout destinée aux aventuriers soniques purs et durs.

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